C. XIX in fine, et c. xxiii-xxiv
retrouve la formule 7ion deseint si non deseratiir^^ et plusieurs fois dona sua coronat Deus, non mérita tua ^. C'est encore une parole anticipée sur les Confessions, que celle-ci de TÉpître XXVI [395] : « Allez, apprenez quelles sont les ressources de génie que (Paulin) offre en sacrifice à Dieu , lui restituant tout le bien qu'il a reçu de lui; car il perdrait tout, s'il ne le plaçait en celui de qui il le tient^. » Enfin, aux environs de 394, se placent trois ouvrages : 1° VExplication de VÈpître aux Galates, livre très important auquel appartient la formule, expliquée déjà, quod ampliiis nos délectai^ seciindum id operemur necesse est'^; et aussi la formule si expressive et si heureuse, ho}7îo in veteri Testamento, sed non homo de veteri Testamento '^ ; 2° un commencement de Commentaire sur l'É pitre aux Romains; les Rétractations n'y relèvent aucune erreur ; — 3° Y Explication de quelques passages dans VÉpitre aux Romains; c'est le seul de ses ouvrages dont saint Augustin blâme formellement quelque chose. Mais le blâme porte sur
1. Ep. XXIII [392], n» 5 ; col. 97 : « conantes placere nunquam deserit » Ep. XXIX [395], n" 8; col. 118 : '^ Dominus ostendit quod nos non deserat.»
2. Ep. XXIl [392], G. 2, n" 8 ; col. 93 : « (Deus) cujiis dona sunt, omnia qiiœ vere meritoque laudantur. » Ep. XXVII [395], Paulino, n" 5; roL 110 : « quisquis de illo viro (Alypio) bénigne cogitât, de magna Dei niisericordia, et de mirabilibus Dei muneribus cogitât a. Au môme endroit : « (ne) divina munera concessa hominibus, sed ipsum (hominem) pr£edicare viderelur ». — Cf. n''4, la seconde moitié; et n" 2 : « Laudatur et benedicitur Deus, cujus gratia tu talis es ».
3. Ep. XXVI, Licentio, n"5; col. 107; — cf. Con/ess., lib. XI, c. ii, n" 2 ; t. I, col. 809.
4. N° 49; t. III, col. 2141. — Les passages à remarquer sont : n" 19, 23, 35, 43, 54.
la première vocation à la grâce, et uniquement làdessus ' .
Vers 397, avec les deux livres de Questions à Simplicien, commence la troisième période. Saint Augustin examine dans le premier livre les passages les plus forts de l'Épitre aux Romains : « Il y eut là, disent les Rétractations y il y eut là, de ma part, un effort en faveur du libre arbitre de la volonté humaine; mais la grâce de Dieu l'emporta ; il ne me fut pas possible de conclure autrement, sinon que TApôtre avait dit en toute vérité : Qui vous a discerné? Qii'avez-vous que vous nayez reçu? 2... » Tout ce premier livre est un véritable traité, tel qu'il aurait pu être écrit depuis 410, contre le Pélagianisme ; on y remarquera le mot, cité bien souvent : « Il y a comme des commencements de foi, semblables à un germe ^ »; ce commencement, d'ailleurs si informe soit-il, ne provient pas du seul effort humain, « car le tout n'est pas d'être formé en
1. Retract., lib. I, c.xxiii, n» 2 ; 1. 1, col. 621 : «Nondum dilîgentius quaesiveram qualis sit electio graliee; de qua dicit Apostolus, Reliqiiix per electionem gratise salvœ factœ sunt (Rom. XI, 5) : quœ ulique non est gratiasi mérita ulla prœcedant » (cf. De Prœdestinatione Sanctorum, c. m, n" 7; t. X, col. 964). — Mais, dans le même chapitre des Rétractations, on lit aussi à propos d'un passage du même livre (sur Rom. VII, 14-25) : « Unde quidem jam evertitur hseresis Pelagiana, quae vult non ex Deo nobis, sed exnobis esse charitatem per quam bene acpie vivimus » (n*' 1, col. 621). — Dans la Défense de la Tradition et des saints Pères, Bossuet ne semble pas avoir bien présents à l'esprit tous les détails qui précèdent; il aurait pu répondre par des preuves plus précises et plus décisives aux critiques que Richard Simon dirigeait contre saint Augustin [Défense, liv. VI, c. x-xvii).