‹ Saint AugustinChapitre 146 sur 292 · Retract., lib. II, c. i, n · texte numérisé non relu

Retract., lib. II, c. i, n

3. « Fiunt inchoationes quœdam fidei conceptionibus similes. »

germe; il faut naître aussi afin de parvenir à la vie éternelle. Or, ni l'un ni l'autre ne se fait sans la grâce de la miséricorde divine * ». Un peu plus bas, se rencontre un passage sur la prédestination, passage célèbre lui aussi, et très souvent allégué contre les jansénistes; saint Augustin, en effet, y affirme que Dieu, pour sauver les élus, les appelle en la manière qu'il sait devoir leur convenir 2. Mais ce congruisme ne signifie pas que l'effort purement humain assure, comme tel, et rend certaine l'action de la grâce : « L'effet de la miséricorde divine ne peut pas être abandonné à la puissance de l'homme, en sorte que, si rhomme ne veut pas, ce sera vainement que Dieu aura usé de miséricorde ^. »

Deux ou trois ans plus tard, avec les Confessions [400] , la doctrine de la grâce apparaît dans sa plénitude, mais uniquement la doctrine de la grâce, sans enseignement explicite sur la prédestination. Voici, outre ce qui a été cité plus haut, quelques passages essentiels : « Si je dis aux hommes quelque chose de bon, vous m'avez d'abord entendu, ô Dieu, vous le dire à vous-même ; et si vous m'entendez vous dire rien de tel, c'est qu'auparavant vous me l'avez dit (vous me

1. « Nihil lamen horum sine gratia misericordiœ Dei » (Quœst. III, n° 2; t. VI, col. 112); pour surabondance de preuve, on fera bien de lire à partir de quelques lignes plus haut : « sed in quibusdam tanta est gralia fidei, quanta non sufOcit ad oblinendum regnum cœlorum... >» — Cf. DeCorreptione et Gratia, c. v, n 7; t. X, col. 919.

2. « Cujus autem miserelur, sic eum vocat quomodo scit ei congruero, ut vocantem non respuat » (n" 13; t. VI, col. 119). Voir ce n", depuis le commencement.

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