C. XI et XII ; t. X
5. « Aliud est adjutorium sine quo àliquid non fit, et aliud est àdjutorium quo aliquid fit » (c. xii, n° 34 ; t. X, col. 936). Les deux termes auxilium sine quo non, etauocilium quo ont dans l'histoire de la théologie, notamment au xvii"= siècle, une grande importance.
œuvres Fuii et l'autre d'une pensée très puissante, absolument maîtresse d'elle-même, poussent la question jusqu'au bout, et proclament le mystère : « Pourquoi Dieu délivre celui-ci, plutôt que celui-là, ce sont les jugements inscrutables et les impénétrables voies de Dieu (Rom. XI, 3). Il vaut mieux qu'on nous dise, ou que nous-mêmes nous disions : 0 homme, qui es-tu pour répondre à Dieu? Ce langage est meilleur que la prétention d'expliquer, comme si nous le savions, ce que Dieu a voulu qui restât caché, lui qui, pourtant, ne peut rien vouloir d'injuste^. » — « Dieu fait miséricorde en accordant ce qui est bon ; il endurcit en traitant selon la justice ^. » « Si on me demande pourquoi Dieu ayant donné à quelques-uns le goût de la vie chrétienne, ne leur a pas donné aussi la persévérance, je réponds que je ne sais pas 3. » Il écrivait, d'ailleurs, vingt ans plus tôt : « Pourquoi celui-ci est-il aidé de telle manière, et celui-là de telle autre : je ne sais pas ; je sais seulement que Dieu agit avec une souveraine équité, laquelle est connue de lui^. » Il écrit encore en 418 au Pape Sixte : « Pourquoi Dieu délivre-t-il ou non cet homme? Scrute qui pourra l'immense pro-
1. De Prxdestinalione Sanctorum , c. viii, n° 16; t. X, col. 972, 973.
2. De Prxdestinalione Sanctorum, c.\m, nol-i; t. X, col. 971; — cf. Contra Julianum Pelagianum, c. xviii, n" 35; t. X, col. 721 : «Bonus est Deus, justus est Deus : potest aliquos sine bonis merilis liberare, quia bonus est; non potest quemquam sine malis ineritis daninare, quia justus est ».
3. Jbid., c. VIII, n" 17; col. 925 sq. — Cf. Contra Julianum Pelagianum, \ih. IV, c. VIII, n" 45; t. X, col. 7G0 sq. ; De Dono perseverantix, c. xiT,n''35;t. X, col. 1014.