‹ Saint AugustinChapitre 149 sur 292 · Ep., XCV, Paulino [408?], n" G; col · texte numérisé non relu

Ep., XCV, Paulino [408?], n" G; col

fondeur des jugements de Dieu ; mais que l'on songe au précipice 1. »

Une lettre adressée en 426 ou 427 aux moines d'Adrumète qui, par suite de leur infirmité intellectuelle, ne soupçonnaient pas le mystère et s'arrêtaient à de singulières conclusions , porte ces paroles toujours utiles à méditer : « Vous ferez mieux, et j'y insiste, de m'envoyer celui dont les raisonnements ont troublé les moines. Car, ou bien celui-là ne comprend pas mon livre, ou bien, lorsqu'il s'efforce de résoudre et d'expliquer, solvere atque enodare, une question très difficile et intelligible pour un petit nombre, c'est lui que l'on ne comprend pas 2. « Il reproduit dans l'Épître suivante la même recommandation : « Je vous exhorte, mes très chers frères, comme saint Paul vous exhorte tous : il ne faut pas s'attacher à son propre sens , il faut savoir s'arrêter », non plus sapere quant oportet sapere, sed sapere ad sobrietatem ^ (Rom. XII, 3).

Enfin tout ce mystère ne nous deviendra clair que dans l'autre vie ; c'est seulement alors que nous verrons la justice de la prédestination et que nous aurons conscience de la manière dont notre liberté aura pu et aura du coopérer à la grâce ; nous aurons alors une intuition trop vive et trop complète pour songer à des excuses : « On s'excuse aujourd'hui, mais, dans l'éternité, les ré-

1. « Scrutetur qui potest judiciorum ejus tam magnum profundum, verumtamen caveat praecipitiuin » {Ep., CCXIV, c. vi, n''23; col. 882). — Cf. De Peccatorum meritis et remissione , c. xxr, n" 29 et 30; t. X, col. 125 et 126; c. xxii, n° 31; col. 127.

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