Ib., c. XIX, n" 53, 54; t. I, col
3. Sur l'ignorance, voir De Natura et Gratia, c. l, n° 58; t. X, col. 275 et 277.
Que Ton remarque d'abord Vex^res^ion pœ?îapeccati. Aucune autre n'est ni plus célèbre, ni plus importante. Saint Augustin l'employa de fort bonne heure; elle apparaît déjà vers 388 au sixième livre de la Musique; et là, elle ne signifie que la pure et simple punition^; le traité de la Vraie Religion dit également/jœna peccati en ce même sens restreint^. C'est pourtant vers la même époque, et en une phrase très courte, que toute la doctrine du péché se trouve exprimée : « La facilité à commettre certains péchés est la peine d'autres péchés précédents 3. »
Ce mot résume les explications qui seront développées quarante ans plus tard : « Selon vous tous, dit saint Augustin à Julien d'Eclane, selon vous tous, la nécessité de pécher contre laquelle on n'a pas la liberté de se défendre, est la peine d'un péché duquel on était
libre de s'abstenir Pourquoi donc ne croyez-vous
pas que le péché ineffablement grave du premier homme a eu la force de vicier l'humaine nature tout entière, et de la vicier autant que peut faire maintenant dans un homme cette seconde nature dont vous parlez? Vous avez cru, en effet, devoir nous rappeler que les savants nomment ainsi l'habitude. Nous avouons donc qu'il existe des péchés commis sans nécessité par la volonté propre : ce sont là simplement des péchés, et l'on était libre de s'en abstenir ; mais le genre hu-