‹ Saint AugustinChapitre 160 sur 292 · C. ïii, n · texte numérisé non relu

C. ïii, n

3. De diversis Quœstionibus LXXXIII, Quœst. LXXIX, n" 1 in fine; t. VI, col. 91.

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main abonde en péchés que Fignorance ou les passions rendent nécessaires : et ce ne sont plus simplement des péchés; ce sont aussi des peines du péché ^ »

Donc la liberté, pratiquement réduite à ne pouvoir choisir que le mal, ne cesse pas d'être une vraie liberté ; elle ne cesse pas non plus d'être coupable. Elle l'est, au contraire, davantage. Si, d'ailleurs, il fallait s'arrêter sur ce point, ce serait la chose du monde la plus facile que de montrer combien la doctrine de saint Augustin s'accorde avec le sentiment naturel de l'humanité; car, selon le jugement très juste des peuples, il n'y a pas de pire coupable que le malfaiteur devenu absolument et irrémédiablement malfaiteur.

Mais saint Augustin n'invoque pas ici le sentiment universel ; il pense et il enseigne que l'adhésion de la volonté est d'autant plus imputable qu'elle est plus définitive; il rejette donc la morale d'intention. C'est au traité De la Doctrine chrétienne [397] que, pour la première fois, il exprime complètement sa pensée : il condamne ceux à qui la diversité des mœurs humaines fait conclure « qu'il n'existe pas de justice en soi , et que, pour chaque nation, la seule justice, ce sont les coutumes établies ^ ». Les Confessions vont beaucoup plus loin; elles donnent la décision sur des faits, la seule qui, en pareille matière, puisse avoir un sens saisissable. On y lit ce passage si caractéristique : « Les crimes qui sont contre nature, méritent partout et toujours la réprobation et le ch Aliment : tel est le

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