Lib. V, c. VI, nMO
10 SAIXT AUGUSTIN.
Manichéens, et ne peut-il pas constater que le christianisme est supérieur à leur doctrine. La faiblesse de Fauste n'a pas réussi totalement à le dissuader^. Bien des causes le retiennent, dont la principale est son incapacité à exercer une activité proprement intellectuelle.
11 n'en a pas encore fini avec cet état duquel il dit dans les Confessions : « Comment aurais-je vu Fintelligible, moi qui, en fait de vision, percevais les corps par mes yeux, et les fantômes par l'imagination ^7 » C'est au milieu de cette indécision qu'il part pour Rome ; il y tombe malade, et il n'a pas même la pensée de se faire baptiser^. Puis une fois guéri, il fréquente les Manichéens; il est bien aise de partager avec eux la conviction que notre péché n'est pas notre œuvre*; et, sans doute J il continue à se croire une partie de Dieu^.
Mais il vit dans le trouble, se demandant si le scepticisme ne serait pas le meilleur parti ^ : il y a dès lors pour lui la double impossibilité de concevoir Dieu intellectuellement, et de se contenter du grossier anthropomorphisme enseigné par les Manichéens''. Il garde
1. « Conatus omnis meus quo proficere in illa secta slatueram, illo holïiine cognilo prorsus intercidit : non ut ab eis omnino separarer, sed quasi melius quidquam non Inveniens, eo quo jam quoquo modo irrueram, conlentus intérim esse decreveram » (lib. V, c. vu, n" 13).
2. « Cujus videre usque ad corpus erat oculis, et animo usque ad pbantasma » (lib. III, c. vu, n" 12).