Ep. LXXXIX, n 2; col
3. Contra Epistolam Parmeniani, lib. I, c. ix, n" 15. Ce livre est de 400 ; le mot sur le Martyr est de 406.
la justice : c'est alors un péché, mais qui est, en même temps, peine du péché i. »
A la question de morale d'intention se rattache la question sur les œuvres des infidèles-. Ce n'est même en réalité qu'une seule question; et, sous le titre d' Œuvres des infidèles, elle a été longuement étudiée au dixseptième siècle, mais non toujours avec assez de clarté, ni assez de précision 3. On s'est trop souvent tenu dans des généralités; on n'a pas assez envisagé, comme fait saint Augustin, des exemples tels que les spectacles de gladiateurs.
Or, à ne considérer que les œuvres des infidèles, voici le principe qui décide tout : <( Sachez, dit saint
1. Lib. I, c. XV, n» 3; t. I, col. 609, à propos du traité Des deux âmes, et pour expliquer la définition Voluntas est animi motus, cogente nullo, ad aliquid vel non amittendum vel adipiscendum. Le chapitre xiii, à propos de la Vraie Religion, contient un passage aussi fort et aussi explicite (n" 5).
2. Sur ce point qui a été longuement discuté au dix-septième siècle, voir : 1° [400-416] Trinité (lib. XIV, c. i); — 2" [il5] Cité de Dieu (lib. V, c. xix et xx; [426] lib. XIX, c. xv; lib. XXI, c. xvi); — 3° [412] De l'Esprit et de la Lettre (c. xvii et xviii; cf. De Nupiiis et Concupiscentia, c. m et iv); — 4» [417 ou 418] EpUre CLXXXVIII (c. xiii, n° 13); — 5» [421] Contre Julien le Pélagien (lib. IV, c. m tout entier; c'est le passage principal, plus important même que les passages de la Cité de Dieu).
3. Le P. Deschainp (Campsius, Dr Hxrcsi Jaaseniana) y revient dans chacun des trois livres de son ouvrage, aux disputes 4 et 5 de chaque livre. Le cardinal ^ oiws (Vindic ix Augustinianx) écrit un très bon chapitre, mais incomplet [Vindicix, c. m, par. 4).
Aug-ustin à Julien, sachez que ce n'est pas l'œuvre obligatoire , mais le motif, qui fait la différence entre le vice et la vertu ^ . Lors donc que l'homme fait quelque chose où il n'y a pas d'apparence du péché, si pourtant il n'agit pas en vue du motif qui devrait le faire agir, il est certainement coupable. » Ceci est plus fort : « Toute action humaine qui n'est pas accomplie en vue du motif imposé par la véritable sagesse, a beau paraître, comme action extérieure, une action bonne : elle est, par défaut du droit motif, un péché 2. »
Et saint Augustin se tient ferme à son principe; il donne des exemples précis : « Des hommes, dit-il, qui ne croient pas au Christ, ne sont ni justes, ni agréables à Dieu parce que, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. Mais, au jour du jugement, leurs intentions auront mérité un adoucissement de la peine... Fabricius sera puni moins que Catilina ; non que Fabricius fût bon, mais l'autre était plus mauvais ; Fabricius était moins impie que Catilina, non parce qu'il avait de véritables vertus, mais parce qu'il ne s'éloignait pas infiniment des véritables vertus^. »
Ces deux passages donnent la pensée complète. On trouve d'ailleurs, en étudiant dans saint Augustin tout le chapitre, une plus grande insistance à exprimer la doctrine qu'on vient de voir; mais on ne trouve rien qui l'adoucisse. Il répète, et avec raison, que tout
1. Non ofliciis sed finibus a vitiis discernendas esse virtutes.
2. Etsi officio videatur bonum^ipso non recto fine peccatumest. {Contra Julianu7n, lib. IV, c. m, n° 21 ; t. X, col. 749.)