In Epistolam ad Galatas, n" 49; t. III, col. 21il
quod vis fac^. Et d'ailleurs, dans le livre où il écrit le mot célèbre sur nos préférences dominantes, il annonce déjà : Aimez et faites ce que vous voulez; car, parlant de la médisance, il dit : « Aimez et dites ce que vous voulez 2. »
Cette réflexion sur l'amour est, en même temps, un point essentiel de la doctrine de saint Augustin et une observation morale très juste. Il suffit, en effet, d'avoir établi en soi certaines tendances et de les y avoir affermies; elles deviennent de plus en plus efficaces. Il faudra sans doute quelquefois lutter, mais l'amour dominant donne des forces; et s'il fallait passer la vie à lutter, on aurait cette sorte d'amour qui, malgré les dégoûts, maintient toujours dans l'ordre : « Là où l'amour existe, il n'y a plus de peine, ou du moins la peine est aimée '^. »
Il est clair que l'amour ainsi entendu, l'amour emportant avec soi la pleine soumission à l'ordre, ou, en d'autres termes, emportant avec soi la foi et l'espérance, constitue à lui seul tout le culte que nous devons rendre à Dieu : « On ne sert Dieu qu'en l'aimant » , Nec colitur ille nisi amando ^. Saint Augustin a souvent exprimé la même pensée, mais jamais en une formule
1. In Epistolam Joannis [416], Tract. VII, n" 8; t. III, col. 2033.
2. « Dilige et die quod voles )) [In Epistolam ad Galatas, n« 57 j t. III, col. 2144); — cf. In Epist. Jo., Tract. VIII, n° 10; col. 2052 : « Dilige eigo fratrem et securus esto ». — Tract. X, n» 7; col. 2059 : « Tenete ergo dilectionem et securi estole ».
3. In eo quod amalur, aut non laboratur, aut et labor amatur {De bono Viduitatis [414], c. xxi, n'' 26; t. VI, col. 448).