‹ Saint AugustinChapitre 170 sur 292 · De Civitate Dei, lib. XIV, c. ix, n° 5; t. VII, col · texte numérisé non relu

De Civitate Dei, lib. XIV, c. ix, n° 5; t. VII, col

3. De Civitate Dei, lib. XIV, c. yi, et surtout c. vu, n° 2. — Sur les passions, voir aussi c. viii et c. ix.

ques citoyens capables de modérer le mouvement des passions et, en quelque sorte, de le réduire à Tordre, ce sont des hommes que l'impiété élève et enorgueillit à tel point que, chez eux, l'orgueil égale Tinsensibilité^ » C'est comme hommes, et c'est en pratiquant tous les devoirs de la vie humaine, que nous devons nous sanctifier. Ni la vie sociale n'est, de soi, opposée à la vertu : le tout est de se laisser conduire par l'amour de la vérité et par le commandement de la charité ^ ; ni l'amour naturel de l'approbation ne peut, de soi, faire du mal : <( non certes, la louange, humaine ne doit pas être inculpée ; mais faire le bien en vue précisément de la louange, c'est, en agissant, contempler ce qui est vain^ ». On obtient, alors, ce que l'on méritait, c'est-à-dire une récompense destinée à s'évanouir, perceperunt mercedem suam, vani vanam ^.

Et de même que les passions ne sont que l'amour, de même aussi nos vertus, quel qu'en soit le nom, et en quelque manière que leur exercice se manifeste, ne sont que les divers modes selon lesquels se produit ou selon lesquels se maintient en nous l'amour de Dieu. Nos vertus, en ce sens, ne sont toutes qu'une même vertu 5.

1. De Civitnte Dei, lib. XIV, c. ix, n" 6; t. VII, col. iI6. — Cf. : 1° dans ce même livre, depuis c. m ; — 2" lib. IX, c. iv et v ; — 3" De cliver sis Quœstionibus LXXXllI, Quaest. LXXVII; t. VI, col. 89; —^o De31oribus Ecclesias, lib. I, c. xxvir, n° 53, 54 , et sur n° 53 : Betractationum, lib. I, c. VII, n" 4.

2. a Interest quid amore teneat veritatis, quid officio charitatis impendat. » {De Civitate Dei, lib. XIX, c. xix; t. VII, col. 647.)

3-i. Enarratio in Psalmum CXVIII, Serm. 12, n" 2 ; t. IV, col. 1533.

5. Consulter : r [388] De la Musique (lib. VI, c. xvi, n<* 55) ; — 2'»

[388] Des Mœurs de l'Église (lib. I, c. xxv);— 3° [115] Ep., CLXVII, à

Après avoir longtemps déjà enseigné cette doctrine, saint Augustin fut amené, en 415, à expliquer, dans une Épître à saint Jérôme, le mot de saint Jacques : Celui qui transgresse sur un seul jjoint, est coupable sur tous (II, 10). Or, dans cette Épître, il ne met pas en doute Tunité fondamentale de toutes les vertus; il cherche seulement à montrer qu'un péché unique n'équivaut pas à tous les péchés^. Il arrive à dire : « Les philosophes, selon lesquels avoir une vertu c'est les avoir toutes, et manquer d'une vertu c'est manquer de toutes, font valoir cette raison : la prudence ne peut être ni lâche, ni injuste, ni intempérante; car si elle était l'un ou l'autre, elle ne serait plus la prudence. Mais si pour continuer d'être la prudence, elle doit aussi être forte, juste, tempérante, il est clair que, là où elle existera, les autres vertus existeront aussi. » Chaque vertu cardinale suppose, de même, l'existence des trois autres « et là où manquent les autres, s'il en reste une, elle ne sera pas réelle, bien que d'ailleurs elle ait l'apparence de la réalité - » . Il sera bon d'observer que, vingt-cinq ans plus tôt, saint Augustin exprimait comme sa pensée propre, ce qu'il vient d'attribuer ici aux philosophes : « Chez celui qui aime Dieu, Famour persiste pur et complet, ce qui est le propre de la tempérance ; il ne se laisse abattre

saint Jérôme (c'est la pièce la plus importante) ; — ¥ [400-415] De la Trinité (lib. VI, c. IV, n» 6). — Les stoïciens enseignent l'unité des vertus ; on trouvera des détails dans Zeller, Geschichte der Philosophie der Griechen, t. m, P part., 3" éd., 1880, à partir de p. 238.

1. Ep., CLXVII, c. II, n" 4; col. 275. — Cf. S-^" llieronymi : Confina Jovianum, lib. II.

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