‹ Saint AugustinChapitre 172 sur 292 · N" 10; col. 736 sq · texte numérisé non relu

N" 10; col. 736 sq

sant par degrés, de ténèbres profondes à une lumière éclatante ^ Et il ne se contente pas de la comparaison; il enseigne que l'amour, avant d'être parfait, est un amour réel: ou, pour employer d'autres termes, il reconnaît divers degrés d'amour ; il donne enfin cette solution : « Il est donc vrai qu'avoir une vertu, c'est les avoir toutes; et que manquer d'une seule, c'est manquer de toutes ; néanmoins les péchés ne sont pas tous égaux 2. »

Il y a encore ces deux passages décisifs : « Pour avoir une vue générale et abrégée de ce que je pense sur la vertu, je m'arrête à ceci : la vertu c'est l'amour par lequel on aime ce qui doit être aimé 3; or, tandis que l'amour peut être accru, on peut considérer que son imperfection provient de quelque vice. C'est à cause de ce vice que nul juste, sur cette terre, ne fait le bien et n'évite le péché (III Reg. VIII, 46)^. » — « Personne n'aime le prochain, sinon en aimant Dieu. Mais si l'on n'aime pas Dieu, l'on n'aime ni soi-même, ni le prochain. Voilà comment l'observateur de toute la loi, s'il transgresse un seul point, devient coufjable sur tous ; car il agit contre l'amour où toute la loi se réduit. Il est donc coupable sur tous les points pour avoir agi contre celui où tous les autres se réduisent^. »

Page 1