Ibid., lib. I, c. i, n
4. « Pax omnium rerum, tranquillitas ordinis. » [De Civitaie Dei, lib. XIX, c. XIII ; t. VII, col. 640.)
^- a Beata quippevita estgaudiumdeverilate.» {Confess. ylih. X, c. xxiii, n» 33 ; t. I, col. 793.) — Ce chapitre et, dans la Cité de Dieu, au livre XIX, le chapitre xiii sont deux passages essentiels. — Pour la pensée exprimée dans cet alinéa, voir aussi Enarr. in Psalm. XXXII, Serm. II, n°16; t. IV, col. 293 sq. : passage très beau et très important.
6. De Libero Arbitrio, lib. I, c. m, n" 4 et surtout 5 ; t. I, col. 1312. — Cf. De CivHate Dei, lib. VIII, c. iv in fine, t. VII, col. 229.
(F attendre d'un bien étranger sa propre perfection; mais maintenant, puisque notre nature n'existe que par l'action de Dieu, il est clair que, pour connaître la vérité, nous devons être instruits par Dieu, et que, pour être heureux, nous devons tenir de lui le contentement intérieur*. » Cela s'entend fort bien; il ne reste donc qu'à chercher dans quelle mesure nous pouvons, pendant notre vie terrestre, atteindre le bonheur.
C'est là un point sur lequel saint Augustin, sans modifier sa pensée, a laissé varier son langage. Souvent, en efiPet, il parle comme si le juste menait une existence toute de travail et de peine, une existence difficile, malheureuse, uniquement soutenue par l'espérance : or il parle ainsi pour combattre l'exagération et l'erreur des stoïciens, et pour rappeler que les misères de l'existence atteignent tout le monde. D'autres fois, au contraire, il relève le charme de la vie vertueuse; et il a encore raison; il n'oublie jamais d'ailleurs que nous aurons seulement dans l'autre vie, le bonheur parfait.
Ainsi, songeant aux misères inévitables, il trouve naturel de dire : « Cette vie temporelle et mortelle n'est pas délicieuse, nous ne faisons que la supporter 2. » — « Tous les bons et tous les saints, même parmi les tourments, sont soutenus par le secours divin; leur bonheur consiste alors dans l'espoir de cet état définitif
1. De Civitate Dei, lib. XI, c. xxv in fine; t. VII, col. 339.
'^. Ep., CLV [il4], à Macédonius, c. i, n" 4; col. 668. — Épitre doclrlT iiale très imporlante ; cf. n° 2, sur les stoïciens, et c. m, n" 9, sur les conditions du bonheur. — Cf. De Civitate Dei, lib. XIX, c. xx,; t. VII, col. 648. — Cf. lib. \X, c. IX, nM ; et lib. XXII, c. xxiii.
où ils seront heureux : car, s'ils devaient toujours vivre dans les mêmes tourments et dans les mêmes atroces douleurs, c'est en vain qu'ils auraient les plus grandes vertus : ils seraient malheureux, et la saine raison n'en doute pas^ » Voici enfin la dernière réflexion : « Les hommes du siècle sont heureux malheureusement; mais les martyrs étaient malheureux heureusement, martyres féliciter infelices erant-. »
Lorsque, au contraire, oubliant les stoïciens, il pense seulement à ce que font en nous le vice ou la vertu et dans quel état l'un ou l'autre nous met, il enseigne que pour nous, dans cette vie, le plus grand mal c'est le vice, et le plus grand bien, la vertu : « Les pécheurs sont malheureux, parce que, si leur sécurité les empêche de souffrir, ils ne sont pas^ cependant là où se trouve la sécurité et où la soufîrance ne doit pas être ; mais ils sont encore plus malheureux de n'être pas en paix avec cette loi qui régit l'ordre natureP... Mieux vaut pour le coupable souffrir la douleur du supplice que se réjouir dans son péché ^. » Saint Augustin dit la même chose, plus de trente ans auparavant, dans le traité du Libre Arbitre^.
Ailleurs, il se demande ce que vaut pour nous la vertu