C. III, n° 3; t. I, col
sujet qui perçoit il n'existe ni erreur, ni vérité'. » Après cette observation, saint Augustin tarde trop à dire ceci, que d'ailleurs il sait très bien : « Voici ce que j'affirme et ce que je définis, sans craindre que trop de brièveté fasse blâmer ma définition. Le vrai me paraît être ce qui est-. » Là-dessus, la Raison fait observer que le faux ne sera donc rien. Et c'est à partir de cet endroit que commence, sur le faux, une discussion trop subtile et trop embrouillée ^. Saint Augustin, en effet, s'attache à considérer le vrai en lui-même, le vrai comme substance, et il veut savoir s'il y a aussi un faux en lui-même, une substance qui, en son fond, sera substance fausse. Seulement il ne pose pas nettement la question ; il mêle tout ; il songe tantôt à la perception fausse, et tantôt à la substance fausse*. Mais enfin, il enseigne qu'il n'y a pas proprement de substance fausse.
Il l'enseigne encore mieux en ce mot des Confessions : « Toutes choses sont vraies, en tant qu'elles sont, et la fausseté est seulement dans la pensée de celui qui voit les choses autrement qu'elles ne sont^. » L'expression la plus juste remonte à quelques années plus haut. « Le faux comprend deux genres : l'un des choses qui, absolument, ne peuvent pas être ; l'autre