Ibid.,n° 15; t. I, c. 1278 ; cf. n« 16, qui est à lire
4. [393] De Genesiad litteram. Liber imper fectus, c. v, n» 25; t. III, col. 230. — Cf. réflexion identique, dans : r De Genesi ad litteram, lib. VIII, c. IX, n" 18; t. III, col. 380; 2" De Civitate Dei, lib. XIV, c. XXVI ; t. VII, col. 435.
faire ce qu'il veut; mais il lui est également facile de ne pas permettre ce dont il ne veut pas l'existence ^ . » — ((Il n'arrive point en dehors de la volonté de Dieu, cela même qui arrive contre sa volonté. Car, sans la permission de Dieu, cela n'arriverait pas; et Dieu ne le permet certes pas sans vouloir, mais bien par un acte de volonté; et lui qui est bon, s'il permet qu'il arrive du mal, c'est que, dans sa toute-puissance, il peut, du mal même, faire le bien 2. »
Enfin, malgré tant de misères, et malgré le péché, comment l'univers manifeste-t-il pourtant la sagesse et la bonté de Dieu? C'est, d'abord, au troisième livre du Libre Arbitre que saint Augustin étudie à fond et qu'il résout la difficulté : « Quelqu'un, ici, dira peut-être qu'il ne songe nullement à déplorer l'infériorité de la lune, car si la lune donne moins de lumière, elle n'est pas, pour cela, malheureuse; or, pour les âmes, ce qui l'afflige, ce n'est pas leur obscurité, c'est leur misère^''. » Il n'est pas possible de mieux poser la question. La réponse, à son début, n'a pas cette netteté et cette force : (( Rapportez donc toutes choses à la perfection de l'univers, et vous verrez que, si chacune d'elles est plus ou moins lumineuse que les autres, le total y gagne un plus parfait éclat *. »
Leibniz pose la question aussi bien que saint Augus-
1. C. xcvi; t. VI, col. 276. Le texte porte le pluriel mala, et toute la suite montre que ce mot désigne aussi le péché.