Ibid., c. V, n" 17; t.I, col
si enfin Texistence du péché ne s'expliquait pas aussi facilement que tout le reste, il faut se souvenir que le péché reçoit tout de suite son châtiment ; il est vrai, sans doute, que ce châtiment ici-bas ne se fait pas toujours reconnaître comme tel de celui qui le subit, (( mais au jugement futur, se révélera et se fera très vivement sentir ce qui, aujourd'hui, s'exerce comme châtiment très secret^ ».
On voit donc que, dans le Libre Arbitre, saint Augustin donne un enseignement complet. Il y explique notamment, avec beaucoup de justesse, qu'il n'y a pas lieu d'exiger pour chaque chose une nature supérieure. Mais ailleurs, revenant sur ce point, il l'a encore mieux exprimé. « Dieu n'aurait pas dû faire la femme, disent les Manichéens. C'est dire : il n'aurait pas dû faire un certain bien; car, sans discussion, la femme est un certain bien^. » Ce mot est, peut-être, antérieur au Libre Arbitre. Les Confessions, en 400, s'arrêtent à cette même pensée : « Loin de moi la volonté de dire : ces choses inférieure? devraient ne pas être; car enfin, si je n'en voyais d'aucune autre sorte, j'en désirerais sans doute de meilleures, mais pourtant je devrais, à cause de celles qui existeraient, vous adresser des louanges 3. » C'est en 417 que cette pensée arrive à sa perfection : « En effet, écrit saint Augustin, sous l'influence delà pensée humaine, nous pouvons dire : toutes les œuvres de Dieu