Lib. VI, c. I, n" 1 ; col
3. Nec jam ingemiscebam orando ut subvenires mihi ; sed ad quaerendum intentus, et ad disserendum inquietus erat animus meus (lib. VI, c. III, n" 3).
à visiter Ambroise et, peu à peu, il se fait une notion plus juste de la doctrine catholique; il cesse définitivement d'attribuer à Dieu la forme humaine; mais il ne conçoit guère encore la substance spirituelle^. C'est alors surtout qu'il ressent une grande anxiété : lui qui s'est trompé si souvent, peut-il donc se vanter de ne se tromper plus 2?
Il lui reste aussi une grande illusion : c'est de prétendre, pour les choses de doctrine, à une certitude toujours aussi définie, aussi limitée ou circonscrite, et aussi simple que la certitude mathématique : « Je voulais, pour les choses (intellectuelles) que je ne voyais pas, être aussi certain que je le suis sur : trois plus sept égalent dix^. » Mais, en dépit de cette illusion, il ne trouve plus ni singulier, ni condamnable que l'Église exige d'abord la foi. Dieu le transforme peu à peu, il l'éclairé*. Et, de plus en plus, la lutte devient vive, tout Fêtre d'Augustin y est engagé : il s'agit du fond même de l'existence. Devenir chrétien ne pourra être désormais pour lui que devenir parfait religieux. C'est ici que, pour la première fois, à côté des diffi-
1. Ubi vero eliam comperi ad imaginem tiiam hominem a te factura, a
spiritualibus filiis tuis non sic intelligi ut humani corporis forma te
terminatum crederent atque cogitarent : quaraquam quomodo se haberet spiritualis substantia ne quidem tenuiter suspicabar (lib. VI, c. m, n» 4; col. 721).
2. Tanto igitur acrior cura rodebat intima mea, quid certi retine- REM, quanto me magis pudebat tamdiu illusum et deceptum promissione certornm (lib. VI, c. iv, n" 5).