De Musica, lib. VI, c. vu, n" 17 et 18; t. I, col
culier de l'espace et du temps i. Dès lors, ce que le corps de cet animal est à la masse universelle dont il fait partie, et ce que la durée de cet animal est au temps universel dont elle fait partie, détermine ce que le sens (ou perception) de cet animal doit être à l'action de cet animal, action exercée elle-même en rapport avec le mouvement universel dont elle fait partie. » En comparant entre eux ces divers rapports, saint Augustin évidemment a voulu dire que chaque animal, selon sa taille et selon la durée de son existence, perçoit en diverses manières et le temps et l'espace. Ce qui suit se rapporte plus exclusivement à l'espace ; on y trouvera la décision bien nette : « Si toutes les parties (de cet univers) diminuent en proportion , il est toujours aussi grand; et si toutes augmentent en proportion, il n'est encore qu'aussi grand. Car, dans les quantités d'espace et de temps, il n'y a rien de grand en soi, mais seulement par rapport à quelque chose de plus petit; et, réciproquement, il n'y a rien de petit en soi, mais par rapport à quelque chose de- plus grand 2. »
Au même endroit, il ajoute quelques phrases où il n'est question que du temps; il dit que notre perception actuelle du temps est une particularité de notre constitution humaine mortelle, et qu'au moment où notre vie mortelle finira, cette particularité, elle aussi, devra finir; car enfin, nous n'avons la perception du temps que selon les convenances arbitraires de notre