C. VII, vin
Rien dans la Cité de Dieu, par exemple, ne suffirait à la faire connaître.
Voici comment procèdent les Confessions : « Qu'estce que le temps? si personne ne me le demande, je le sais; si on me le demande, et si je veux l'expliquer, je ne sais plus; cependant, je le dis avec confiance, je sais que si rien n'était passé, il n'y aurait pas un temps passé; si rien n'était en voie d'arriver, il n'y aurait pas un temps futur; et si rien n'était, il n'y aurait pas un temps présent^. » Au même endroit, il observe que le passé n'est plus , que le futur n'est pas encore, que ce sont deux néants 2, et que si le présent subsistait, il ne s'évanouirait pas dans le passé, et ne céderait pas la place au futur ; mais cette subsistance serait proprement l'éternité.
Il faudrait, à la fois , saisir la réalité du présent et bien comprendre pourquoi un temps peut se dire long. Or, un long passé, c'est une longue suite de temps qui ne sont plus ; et de même, un long futur c'est, sous une autre considération, une longue suite de temps qui ne sont pas encore. Il n'y a donc, en tout cela, rien de réel ^. Mais où trouver la réalité^? « Essayez de concevoir un temps que l'on ne puisse plus diviser en parties si petites fussent-elles, c'est cela seul qui est le présent. Mais cela passe si vite du futur au passé, qu'il ne dure pas un