‹ Saint AugustinChapitre 198 sur 292 · C. XX, n° 26; t. I, col · texte numérisé non relu

C. XX, n° 26; t. I, col

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et le futur ; que Ton se conforme à l'usage et qu'on parle de la sorte : je ne m'en soucie pas, je ne m'y oppose pas, je ne blâme pas ; il faut pourtant comprendre ce que l'on dit; il faut comprendre que ce qui est futur n'existe pas, ni ce qui s'est passé. «Et pour justifier cette facilité à permettre un langage reconnu pour inexact, il ajoute cette sentence : « Peu nombreuses sont les choses que nous exprimons proprement ; très nombreuses celles que nous exprimons improprement; mais la pensée se fait pourtant connaître ^. » La sentence pourrait avoir d'infinies applications.

Il reste acquis déjà que les trois déterminations du temps, passé, présent et futur, sont trois manières d'être de notre âme. Saint Augustin pourtant ne pense pas que la question conduite à ce point soit tout à fait résolue. Il constate, pour la seconde fois, que nous parlons spontanément du temps en croyant nous comprendre, et que la réflexion nous montre d'invincibles difficultés ^ ; il se demande, pour la seconde fois, ce qu'est le temps ^. Il n'admet pas que le temps soit identique avec le mouvement des astres, ni, d'une manière générale, avec le mouvement de la créature *. Et d'abord, le mouvement corporel et le temps ne sont pas une même chose, car

1. Pauca suni cnim qux proprie loquimury plura non proprie; sed agnoscitur quid velimus. {Ib.)

2. Et dicimus, tempus et tempus, tempora et tempora. Quaindiu dixit hoc ille quamdiu fecit hoc ille... Dicimus hxc^ et audimus hxc, et Intelligimur et iiitelWjimus. Manifestissima et usitatissima sunt ; et eadem rursus nimis latent et nova est inventio eorum. (C. xxii, n» 28 ; col. 820.)

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