‹ Saint AugustinChapitre 199 sur 292 · C. xxiii , no 29 et · texte numérisé non relu

C. xxiii , no 29 et

4. Quero utrum motus ipse sit dies, an mora ipsa quanta peragitur, an ulrumque. (N" 30; col. 821.)

nous évaluons en durée et le repos, et le mouvement^. Nous évaluons la durée d'un poème par le nombre des vers, la durée des vers par le nombre des pieds, la durée des pieds enfin, par celle des syllabes ^. Or, voici la difficulté : un vers plus court, s'il est prononcé plus lentement, durera plus que n'aura fait un vers plus long rapidement débité ; et cette diversité de durée s'étend au poème total; ce n'est donc pas le poème, qui, par lui-même, dure; c'est nous qui le faisons durer. Donc enfin, « le temps n'est pas autre chose qu'une distension; mais de quoi est-il la distension, je l'ignore; et ce sera merveille s'il n'est pas la distension de l'âme ellemême », nihil esse aliud tempus quant distentionem : sed cujus 7^ei, nescio; et mirum si non ipsius animi^. Cette formule donne la solution définitive.

Mais nécessairement, lorsque saint Augustin exposera sa pensée sur l'essence et sur le développement des choses extérieures, il s'exprimera comme si le temps et l'espace avaient chacun une réalité propre. On devra alors se souvenir qu'il y a là une inexactitude fatale, imposée par le mode de notre représentation.

Notre connaissance proprement dite du monde extérieur commence par la sensation, et elle dépend toujours

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