Ibid., lib. I, c. xxiii, n" 41; t. III, col
3. C'est la traduction littérale de la leçon adoptée par saint Augustin : « Factus est crgo dies, quo die fecit Deus cœlum et terrant et omne viride agri... »
4. De Genesi contra Manichxos, lib. II, c. m, n» 4; t. III, col. 197 sq.
5. Lib. I, c. xxiii; cf. De Catechizandis rudibus, c. xxii, n" 39; t. VI,
En 393, saint Augustin écrit un essai à' Interprétation littérale de la Genèse; il y affirme plusieurs fois que l'histoire des six jours n'est qu'une manière populaire de raconter l'œuvre de Dieu ; il dit : « Cette exposition selon l'ordre des jours, toute conforme aux habitudes de l'humaine faiblesse, n'a-t-elle pas été arrangée d'après les exigences d'une narration où par d'humbles moyens, il fallait insinuer à de faibles esprits des choses sub Unies ^? » Quelques chapitres plus bas, on rencontre cet autre passage qui, d'ailleurs, est plus fort, car il exprime nettement la pensée qu'on vient de voir déjà sous forme d'interrogation : (c Peut-être le mot du soir et du matin il fut fait un jour, doit s'entendre au sens selon lequel la raison montre que les choses ont dû ou qu'elles ont pu se faire, et non au sens qui implique succession temporelle ~, » he peut-être, ici, ne signifie nullement qu'on pourrait, à la rigueur, se tenir à l'interprétation littérale ; car saint Augustin, qui vient d'alléguer la raison, continue en ces termes : (( Il contemplait par la raison et dans l'Esprit saint, l'opération (du Créateur), celui qui a dit : Le Dieu stable pendant V éternité a créé toutes choses en même temps (Eccli. XVIII, 1); mais, pour la commodité du lecteur, la narration, dans ce livre, représente les choses comme si elles avaient été faites à intervalles différents; et ainsi, l'ordre réel,
col. 338 sq.; — Tractatus in Joannem, Tract. IX, n" 6; t. III, col. 1461; Tract. XV, n° 9; coK 1513.
1. De Genesi ad litteram, Liber imper fecius, c. m, n°8; t. III, col. 223.
2. De Genesi ad litteram, Liber imperfectus, c. vu, n° 28; t. III, col.
ipsa dispositio, que les âmes trop faibles n'auraient pas pu apercevoir par une contemplation stable, devient, grâce à l'artifice de cette narration, comme un spectacle placé devant leurs yeux^. »
C'est la première fois que saint Augustin allègue le mot de l'Ecclésiastique, Dieu a créé simultanément toutes choses; creavit omnia simul (XVIII^ 1). Il le reprendra dans V Inteiyrétation littérale de la Genèse ei dans la Cité de Dieu; il va, d'ailleurs, le reprendre encore ici; il le met en regard de ce mot : Dieu vit que son œuvre était bonne y et encore : Dieu appela la lumière, jour, et les ténèbres , nuit; mais d'un autre côté, la Genèse ne présente pas toujours dans le même ordre ces deux opérations qu'elle attribue à Dieu; pourquoi en est-il ainsi? « Cette différence (de narration) indique que la durée, morarum intervalla, n'est pas dans l'opération de Dieu, bien qu'elle se trouve dans les choses produites-. Dieu fit le ciel et la terre, il leur donna un nom, il les approuva; ce sont détails, nous l'avons dit souvent, qu'il ne faut pas entendre selon les conditions de la durée; sans quoi il y aurait dans l'activité ineffable de Dieu, une lente succession 3. » Au quatrième jour furent créés les astres, et Dieu les créait pour établir la distinction entre le jour et la nuit; or, trois jours avaient déjà précédé : « Que signifient donc trois jours sans astres?... Cette énumération de jours et de nuits ne doit-elle pas nous faire penser à la diffé-