i&., n" 41 ; t. III, col. 237. Numéro à lire
vrai, retire ou une chose ou une autre et l'expose en un long discours. Les uns, en effet, s'ils lisent ou s'ils entendent les paroles de Moïse, se représentent Dieu comme un homme , ou comme une certaine masse douée d'une immense puissance ; et ce Dieu a fait hors de lui, et en quelque sorte dans un espace extérieur à lui, le ciel et la terre : deux grands corps, Fun en haut, l'autre en bas, qui contiennent toutes choses. Et lorsque ces hommes entendent : Dieu a dit : que cela soit fait y et cela a été fait, ils se représentent des paroles qui commencent et qui finissent, qui se prononcent et qui passent dans le temps; et après qu'elles sont passées, cela aussitôt existe qui a reçu l'ordre d'exister; ou bien, ils ont quelque autre représentation conforme à nos perceptions sensibles. Ce sont des âmes encore tendres; or, en même temps que leur faiblesse s'abrite dans les paroles de Moïse comme l'enfant enfermé dans le sein de sa mère, leur foi se constitue heureusement, cette foi grâce à laquelle il devient pour elles absolument certain que Dieu a fait toutes les réalités dont leurs sens perçoivent les variétés merveilleuses. Et si, parmi ces faibles, quelqu'un, méprisant la prétendue bassesse des paroles sacrées, s'efforce avec une orgueilleuse faiblesse de sortir du berceau qui le protège ^, hélas! le malheureux tombera. Et, Seigneur Dieu, ayez pitié! faites que les passants ne foulent pas aux pieds le petit oiseau sans plumes; envoyez votre ange qui le remette dans le
1. Extra nutritorias citnas superba imhecillUate se extenderit.
nid, où, en attendant les ailes, il pourra vivre ^ » V Interprétation littérale de la Genèse dit, sans métaphores : (( Pourquoi donc raconter ainsi les six jours, si nettement et avec un tel détail, tant distincte disposi- <e^2/e? Parce que les hommes incapables de saisir en son véritable sens le mot : Dieu créa simultanément toutes choses, n'arrivent où le discours les conduit, que si le discours s'accommode à leur lenteur-. » — « La Genèse porte : Ainsi fut fait le jour où Dieu créa le ciel et la terre et toute la verdure du champ : entendez ce même jour sept fois répété, et ce sont ainsi sept joui*s; d'ailleurs, en voyant que toutes choses furent faites au même moment où fut fait ce jour, comprenez, si vous le pouvez, que cette sextuple ou septuple répétition s'est opérée sans diversité temporelle et sans durée; si vous ne pouvez pas le comprendre, abandonnez-le à l'examen de ceux qui peuvent : mais pour vous, marchez avec l'Écriture qui n'abandonne pas votre faiblesse et qui, maternellement, ralentit sa marche et la règle sur la vôtre ; son langage est si élevé qu'il se moque des superbes, si profond qu'il accable les esprits attentifs, si vrai qu'il donne un aliment aux grands esprits, si doux qu'il nourrit les plus faibles 3. »
Saint Augustin reproduit la remarque suivante exprimée déjà en 393^ : si la création du soleil a fait enfin du