‹ Saint AugustinChapitre 210 sur 292 · C. IX; t. VII, col · texte numérisé non relu

C. IX; t. VII, col

3. In septimo die, id est eodem die septies repetito (c. xxxi; t. VU, col. 344).

4. Lib V, c. III, n» 6; t. III, col. 323, passage cité ci-dessus; cf. lib. IV, c. xLiii, n" 53 : « quomodo ergo dicimus sexies repetitam lucis illius preesenliam, etc. ».

5. De Genesi ad litteram, lib. IV, c. xx, n° 37 ; t. III, col. 310; sur la répétition^ voir : V la fin de ce n", col. 311 ; — 2» c. xxi, n" 38 ; c. xxvi, n"* 43 ;

Saint Augustin n'admet donc pas que Ton prenne à la lettre le récit des six jours; il repousse nettement toute interprétation selon laquelle , dans l'intervalle d'une semaine, l'univers serait successivement arrivé à l'état que nous lui connaissons. Mais quelle interprétation propose-t-il, et, seulement, en propose-t-il une qu'il tienne pour certaine ou pour absolument meilleure?

(( Ce jour de la création, dit-il, ou ces jours qui s'énumèrent enrépétantle jour unique, nous ne pouvons pas, dans notre condition mortelle, en avoir l'expérience ou le sentiment ; et s'il nous est possible de tenter un effort pour les comprendre, nous ne devons pas témérairement précipiter notre décision, comme s'il était impossible de les entendre avec plus de convenance et plus de probabilité, en quelque autre manière i. » Voilà le langage ienu après 400 ; celui de 389 n'en diffère pas : « Expliquons, sans préjudice de recherches meilleures ou plus exactes qui pourraient être faites, soit par nous, soit par les autres à qui le Seigneur daignerait révéler la vérité 2. » Et en 393 : « (Voilà mon interprétation) à moins qu'à force de recherches, on ne trouve quelque chose de meilleur et de plus relevé ^. »

Son interprétation, dont il a fallu déjà montrer quelque

col. 314 : « sed dies ille quem fecitDeus, per opéra ejus ipse repetitur » ; — 3' lib. V, c. I, n" I et n° 3.

1. De Genesi ad littcram, lib. IV, c. xxvii, n* 44; t. III, col. 314.

2. De Genesi contra Manichxos, lib. II, c. ii, n° 3; t. III, col. 197.

3. De Genesi ad litteram, Liber imperfecius, c. xv, n» 52; t. III, col.

chose , est, en 389 , à peu près celle-ci : clans Fliistoire de la création, soir désigne la matière, matin désigne la forme ^. Sans, d'ailleurs, abandonner cette interprétation 2, il propose, à partir de 400, d'entendre par les six jours, ou encore par le matin et par le soir des six jours, les degrés que la connaissance des Anges dut parcourir pour arriver à la perception des choses créées. Car Dieu, qui avait simultanément créé l'univers, le manifesta successivement aux anges, d'abord dans les idées divines : et ce mode supérieur de connaissance est signifié par le mot matin; mais les anges perçurent ensuite dans les choses créées ce qu'elles ont de réel, et c'est cet autre mode de connaissance, évidemment inférieur, qui est signifié parle mot soir ^.

Or, parce que saint Augustin avait très longuement médité sur toutes ces questions, et parce qu'il voyait combien l'intérêt de la religion y est engagé, il se tenait en garde contre toute affirmation exclusive. Aussi n'enseigne-t-il pas même que l'acte créateur ait produit instantanément un univers à peu près semblable à celui que nous voyons 4. L'Écriture, en effet, ne dit rien de précis, elle parle un langage populaire , où seul le fait de la

1. De Genesi contra Manichœos , lib. II, c. m, n» 4; t. III, col. 197 sq. Le passage a été cité ci-dessus, p. 284.

2. Voir : r De Genesi ad litieram. Liber imper fecius, c. m, n» 10; c. iv, n" 11, 13-15; c. X, n" 32; C. XII, n° 37; c. xv, n° 51 ; — 2° Confessionum, lib. XII, c. ii-v; c. IX ; c. xi; c. xv ; C. xvii ; — 3° De Genesi ad litieram, lib. I, C. I, n» 2, 3; c. xv; lib. II, c. xi; c. xiv.

3. De Genesi ad litteram, lib. IV, c. xxvi et c. xxix ; De Civitate Dei, lib. XI, c. vu.

4. De Genesi ad litteram, lib. VI et lib. IX; voir, plus bas, paragraphe IV. .

création est nettement exprimé ; et saint Augustin ne veut pas qu<" (les suppositions humaines ou de pures divinations humaines susceptibles d'être discutées, et destinées peut-être à disparaître, soient données comme un enseignement autorisé, et compromettent ainsi la religion. Certes, les interprétations qu'il propose dépassent toute vérification expérimentale. Il n'importe; saint Augustin ne tolère pas que, là où la certitude échappe , on se tienne absolument à une solution, et que, pour lavoir trouvée, on la préfère à toute autre ; à plus forte raison ne tolèrei-il pas qu'on attribue à de simples préférences la valeur d'une connaissance certaine. Contre cela^ il est toujours en éveil; mais sur Tinterprétation littérale de la Genèse, il condamne avec plus de vivacité l'attache aux pures préférences.

Il avait dû évidemment rencontrer parmi les catholiques, des contradicteurs mal inspirés, et il lui avait fallu subir les attaques, peut-être même les représentations d'hommes qui, incapables de soupçonner les vraies difficultés, voulaient l'obliger, lui aussi, à ne voir rien et à se tenir heureux de la solution gratuite actuellement adoptée. Il y a là une histoire dont le détail restera toujours inconnu. Mais, pour l'essentiel, l'histoire est bien ce qui vient d'être indiqué. On en voit la preuve au douzième livre des Confessions ^ : « Voici, dit saint Augustin, d'autres gens qui ne sont plus les diffamateurs, mais les admirateurs de la Genèse 2. » Us sont aussi les contradic-

1. A partir de c. xiv jusqu'à c. x\; puis, c. xxiii, xxiv et surtout \\v.

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