‹ Saint AugustinChapitre 212 sur 292 · Non quia divini sunt · texte numérisé non relu

Non quia divini sunt

viteur Moïse la pensée qu'ils proposent ; mais ils parlent parce qu'ils ^ont orgueilleux^ : ils n'ont pas connu la pensée de Moïse, mais ils aiment leur propre pensée, non parce qu'elle est vraie, mais parce qu'elle leur appartient... Si ce qu'ils disent leur était cher parce qu'il est vrai, il n'appartient plus dès lors ni à eux, ni à moi; car il appartient sans distinction à quiconque aime la vérité. Lorsque, au contraire, ils prétendent que Moïse n'a pas pensé ce que je propose, mais bien ce qu'ils proposent eux-mêmes : je repousse cela, je ne l'aime pas, nolo, non amo; car, cela serait-il la vérité, il reste pourtant que leur témérité, bien étrangère au savoir, est un signe d'emportement^ ; et ce n'est pas la vision des choses, c'est un excès de présomption qui Ta produite » , nec visus^ sed typhus eam peperit ^,

C'est bien le seul endroit où saint Augustin ait parlé à des catholiques avec un ton aussi sévère et aussi ému. La circonstance, en effet, était fort grave. Il s'agissait, non d'une erreur déterminée, mais du devoir de conserver, devant des difficultés insolubles, la rectitude intellectuelle. Les contradicteurs de saint Augustin croyaient interpréter définitivement la Genèse; ils s'enfermaient dans leur interprétation, ils ne voyaient rien au delà; et, à bien dire, ils ne comprenaient guère; mais là où les contradicteurs n'apportaient que la sécurité aveugle du parti pris, saint Augustin gardait toute sa rectitude intel-

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