Lib. II, c. XVI, n° 33; t. III, col
mentionne en ces termes : Et Dieu fit deux luminaires grands. » Il ne demande donc qu'à trouver un biais pour justifier, en quelque sorte, sa singulière croyance. Or, malgré cet état d'esprit, il ne songe pas à contrôler les recherches curieuses des philosophes; il ne veut que persister dans son opinion ; il ne condamne pas les philosophes, il ne leur oppose pas l'Écriture; il n'affirme pas même que les philosophes se trompent; il aime mieux enfin ne pas dépasser ici la perception sensible : « Du moins, les philosophes accorderont-ils cela à nos yeux : (le soleil et la lune) brillent sur la terre plus que les autres astres ; le jour doit son éclat à la lumière du soleil, et la nuit, en l'absence de la lune, n'obtient pas d'un si grand nombre d'étoiles, autant de lumière que la lune seule en donnée »
Ajoutons qu'avec l'histoire de la création, saint Augustin avait aussi cherché, depuis 389, à connaître en son sens littéral l'histoire extérieure du péché originel. Cette histoire, en 389, l'avait retenu longtemps, mais comme il n'avait pas alors réussi à la débrouiller-, il avait eu recours à l'allégorie; il entreprit de nouveau, en 393, un travail qu'il ne se sentit pas non plus capable de conduire jusqu'au bout : c'est Y Ouvrage imparfait que saint Augustin interrompit au moment où il aurait dû y traiter du péché originel 2. Il ne fut maître de sa pensée que plus tard, après VOl; il écrivit à partir de