Ih., c. XVII, u''32; t. III, col
racle existent , chacune à sa manière , dans l'univers. L'aptitude à fournir matière pour le miracle est un fait nettement affirmé. Quelle sera, dès lors, la signification de cette phrase écrite quelques lignes après le mot sur les aptitudes : « Dieu a donc en lui-même les causes cachées de certains faits; et ces causes, il ne les a pas enfermées dans les choses créées* »? Or les faits surnaturels que saint Augustin cite en cet endroit, sont la grâce et ce fait unique qui est la création d'Eve. Il dit de la grâce qu'elle a ses raisons primitives non dans le monde , mais en Dieu - ; et de même , le principe de la création d'Eve ne se trouve pas dans la première constitution des choses, mais cette première constitution contient du moins le principe qui devait rendre possible cette création 3. Ainsi la pensée de saint Augustin sur le principe primitif du miracle, reste constante; elle peut toujours se traduire en ces termes : il y dans l'univers créé le germe de possibilité du miracle, germe que Dieu seul peut développer.
Voici donc deux points bien acquis : le premier, c'est que Dieu produit par son intervention directe, soit le phénomène naturel, soit le miracle; et le second, c'est que dans l'un comme dans l'autre cas, Dieu agit d'après les conditions posées par sa volonté immuable.