Nec aliter novit facienda quam facta
4. Nec aliter invocantes exaudit, quam invocaturos videt. {De Civitate Dei, lib. XI, c. xii; t. VII, col. 291.)
illo xino protoplasto'^ ^ les hommes bien conformés et ceux à qui on donne le nom de monstres; « la raison d'ailleurs qui vaut pour les enfantements monstrueux, vaut aussi pour les nations monstrueuses. Car Dieu est le créateur de tout ; il sait en quel endroit et en quel temps chaque être doit ou a dû être créé Nous savons que des hommes naissent avec plus de cinq doigts ; mais n'ayons pas la folie de croire que le Créateur s'est trompé sur le nombre des doigts; nous ignorons simplement pourquoi il a ainsi agi^ ».
Une autre considération à laquelle saint Augustin attache la plus grande importance, est celle-ci. Le miracle n'a réellement qu'une particularité, il est rare. Sa rareté attire notre attention. Nous ne remarquons pas les choses de tous les jours, mais un miracle nous étonne, il <( nous manifeste en quelque sorte la présence divine 3 ». Or, bien que Fétonnement puisse nous être utile, rien ne le justifie. Car enfin, si les conditions qui rendent le miracle possible, nous échappent, elles n'en sont pas moins réelles ^. Saint Augustin disait un jour, à propos de l'Incarnation : « Si on demande ici la raison, ce ne sera plus un fait merveilleux^ ». Trois ans plus tard (415), certains hommes abusaient de cette scn-
1. De Civitate Dei, lib. XVI, c. viii, n" 1 ; t. VII, col. 486.
3. De Civitate Dei, lib. XVI, c. v; t. VII, col. 483. — Cf. : !<> [391] De Utilitate credendi, c. xvi, n° 34; — 2" [416] Tractatus in Joannem, Tract. VIII, n° 1 ; IX, n» 1 ; XXIV, n" 1.
4. Et rêvera sunt de quitus ratio reddi non polest, nec tamen non est. {Ep. CXXyk Consentius, n» 5; col. 454.)
5. Hic si quxritiir ratio non erit mirahilc. {Ep., CXXXVII, c. ii, n" 8; col. 519.)
LA XATLRE. 327
fence : ils prétendaient que Dieu le Fils voit son Père par les yeux du corps, et sentant bien que cela ne se justifie pas, ils aimaient à répéter : Si on demande ici la raison, ce ne sera plus un fait merveilleux. Saint Augustin alors expliquait que ce mot ne signifie pas absence de raison i; il ajoutait que cette vision corporelle est une erreur, non un miracle, une erreur « dont il y a lieu de démontrer combien elle est dépourvue de raison- ». Il a aussi rappelé constamment, à propos du miracle, notre impuissance à comprendre le monde extérieur. Constater le fait qui se produit, ne jamais connaître la raison fondamentale, et, dans bien des cas, prévoir avec certitude, telle est notre condition. Nous n'avons donc aucun motif de déclarer intelligible et naturel le phénomène perçu et attendu; mais d'un autre côté, nul motif ne rend le miracle essentiellement merveilleux. De là il suit, d'abord, que nous ne devons pas instituer deux classes de miracles : les miracles vraisemblables et, pour cela seul, dignes de croyance, et les miracles étranges que leur caractère propre nous oblige à rejeter : « Ou bien, tous les miracles divins sont indignes de croyance; ou bien, il n'y a aucun motif de ne pas croire le miracle de Jonas ^. » « Les miracles de Dieu sont, en général, incroyables aux infidèles, parce que la raison du fait n'apparaît pas, et cependant elle existe ^. »
Mais comme nous n'avons ni l'intellection du phéno-