De Utilitate credendi, c. xvi, n° 3i; t. VIII, col
3. Tractalus in Joannem, Tract. Vin, n" 1 ; t. III, col. 1458. Cf. sur la multiplication des pains, Tract. XXIV, et retenir le mot : « ut non wmjora sed insolita videndo stuperent » (n" 1 ; col. 1593).
sent à les comprendre ; puis, dans la suite des générations, ces phénomènes se répètent, ils arrivent à la connaissance d'un plus grand nombre, et ils sont d'autant moins admirables. Tels les éclipses, les tremblements de terre ^. » Enfin, la Cité de Dieu contient le mot qu'il faut retenir : « Ce qui, dans la nature des choses, est connu de tous, n'est pas moins admirable, et il exciterait l'étonnementdes spectateurs, si les hommes savaient admirer ce qui le mérite, même lorsqu'il n'est pas rare », si solerent homines mirarimira nisi rara^-.
Les savants qui nient le miracle et qui prétendent avoir en faveur de leur négation une raison définitive, commettent, au contraire, la plus singulière des distractions. Que peuvent-ils en effet? L'univers n'est intelligible pour personne. Les savants n'ont pas, comme les mathématiciens, la ressource de parler d'un impossible absolu ; ils connaissent l'univers par leur observation et par leur divination. Ils n'ont jamais observé de miracle : cela, sans doute, les autorise à ne pas assimiler dans leur prévision, le miracle et les phénomènes ordinaires. Mais si, au nom de leur science, ils déclarent le miracle impossible, ils dépassent infiniment leur science; ils la font intervenir là où elle n'a eu aucun accès, ni acquis aucun renseignement. « Si dans un état de la nature ils constatent quelque chose, et si cet état leur est parfaitement connu, ils ne doivent pas pour cela prescrire à Dieu sa conduite, comme s'il était impossible à Dieu
1. Le Trinitate, lib.III, c. ii, n" 7; t. VIII, col. 871. — Cf. c. ix, n° 17, etc. ; X, n" 20.