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Lib. XXI, c. VIII, n°3: t. VII, col

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(le modifier cet état," ou de le rendre tout autre qu'ils ne le connaissent i. » Puisque, en effet, le fond de la réalité extérieure échappe à leur connaissance, ils n'ont pas le droit de transformer en un absolu, Tordre des choses que leur expérience constate, et de traiter de fable un récit tel que celui de la Genèse : « Et d'ailleurs, cela même qu'ils connaissent sur la conception humaine et sur l'enfantement, si on le leur racontait et qu'ils n'en eussent pas l'expérience , ils le jugeraient plus incroyable que l'histoire de la création 2. » C'est encore leur connaissance expérimentale qui leur suggère des difficultés contre les choses de la vie future : (( D'après l'expérience ordinaire, l'infirmité humaine mesure les choses divines dont elle n'a pas l'expérience ; elle se; vante d'avoir trouvé des raisons bien subtiles, lorsque (à propos des corps ressuscites) elle dit : s'il y a la chair, il y a aussi le sang, il y a aussi les humeurs ; s'il y a les humeurs, il y a donc aussi la corruption. » Mais ce raisonnement est la pure et simple narration de ce qui se voit chaque jour; il n'exprime pas une perception intellectuelle; il n'exprime qu'un fait. « Soit donc supposé que nous sommes seulement des âmes, ou, proprement, des esprits sans corps, et que, vivant dans le ciel, nous n'avons aucune expérience des choses terrestres; si, dans cet état, on nous disait qu'un jour nous serions unis par un lien merveilleux à des corps terrestres pour les animer : n'est-il pas vrai que nous refuserions de croire, et pour une raison bien meilleure, car nous

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