Ibid., c. VIII, n" 3; t. Vil, col
prenons ni les événements de tous les jours, ni le miracle. Il a ainsi rejeté hors de la discussion l'autorité de ce qui se nomme aujourd'hui la science. « Que les philosophes n'attaquent donc plus notre foi, en alléguant les poids des corps ^ « . C'est un mot de grande signification, qu'il conviendrait aujourd'hui de traduire en ces termes : la science ne peut jamais rien prouver contre le christianisme, ni, d'ailleurs, contre aucune doctrine spéculative.
Les savants connaissent aujourd'hui infiniment plus de détails qu'au temps de saint Augustin ; mais le fond des choses est toujours également inaccessible. Voilà pourquoi le raisonnement de saint Augustin garde toujours toute sa force, ou plutôt est toujours le seul bon raisonnement. Il faut, en effet, en revenir toujours à dire que rien, dans la science, n'infirme en principe les histoires miraculeuses. Ou du moins, si le savant prétend qu'en fait de miracles, <( nulle histoire ne doit faire foi » , il va au dehors de cette science dont les résultats s'imposent à tous, et il pose réellement en principe « que nulle divinité ne s'occupe des choses mortelles 2 ». Mais, par elle-même, la science n'atteint pas la divinité. Le miracle suppose évidemment la Création et la Providence qui sont des questions de spéculation pure. Saint Augustin le sait ^ et il ne veut pas s'occuper de ceux qui nient la Providence* ; il lui
1. a Xon itaque fldem nostram redarguant philosopfii de ponderibM corporum. » (De Civitate Dei, lib. XII, c. xviii; t. VII, col. 391.)