Ibid.; cf. Ep., CCV, n
a suffi de bien établir qu'ils opposent sans raison un ordre immuable des cboses.
Dans la seconde catégorie de faits surnaturels auront place, à divers titres, les opérations démoniaques et certains phénomènes très complexes, analogues aux phénomènes étudiés de nos jours sous les noms de suggestion, d'hypnotisme, de seconde vue, de catalepsie, etc.
Parmi les opérations démoniaques ^ saint Augustin s'arrête surtout aux prodiges accomplis par les mages d'Egypte et à la mélancolie de Saûl ~. Il attribue aux esprits mauvais leur volonté perverse ; mais c'est à l'action de Dieu qu'il attribue le résultat extérieur : « Par sa mauvaise volonté le démon tend à nuire ; il ne reçoit cependant le pouvoir de nuire, que de celui sous lequel toutes choses sont justement et définitivement ordonnées. Car la mauvaise volonté ne vient pas de Dieu, mais il n'est pas d'énergie effective qui ne vienne de Dieu^. » Enfin, au traité de la Trinité, là où il étudie
1. Voir : 1° [389-395] Quatre-vingt-trois diverses Questions (Quaest. LXXIX); —2" [391] Questions à Simplicien{lih.U, Quaest. I);— 3° [400- 416j Trinité (lib. III, c. vu et viir qui sont le passage le mieux développé).
2. Ce point particulier, indiqué dans Quœstiones ad Simplicianum, lib. II, Quaest. I, n° 4 et 5.
3. Ibid., n" 4; t. VI, col. 131. — Cf. De diversis Quœstionihus LXXXIH, Quaest. LXXII, n° 4; t. VI, col. 92. — Si, d'ailleurs, les démons voulaient abuser de la puissance que Dieu leur donne, leur action extérieure proviendrait encore de Dieu : « ubi divinatanquam publica lex jubet, vincit utique privatam licentiam : quanquam et ipsa privata licentia, nisi universalis potestatis divinœ permissions nulla esset » (n" 1 ; col. 91).
les prodiges accomplis par les mages d'Ég^-pte, il s'exprime sur l'action des démons dans les mêmes termes que sur l'action des anges. Il rappelle les mêmes principes ; il allègue , comme pour les miracles proprement dits, l'action permanente de Dieu et les germes primitifs déposés par Dieu dans l'univers. Les mages, ou les démons que les mages invoquaient, ne créaient rien ; leur action n'avait rien de plus effectif que l'action du laboureur^.
Jusqu'ici on a pu trouver des indications précises et complètes. Mais il y a encore, selon saint Augustin, d'autres interventions démoniaques moins certaines. C'est ainsi que le culte païen lui parait être le culte des démons, il le dit très nettement ^ ; il est vrai qu'il ne laisse pas de trouver bonnes les interprétations naturalistes^ et qu'il approuve l'Evhémérisme ^. Il accepte les livres d'Hermès; il juge d'après leur témoignage, l'action des démons^. Il croit authentiques les livres de Numa; il en use avec autant de confiance que des livres Hermétiques^. Ce sont, d'ailleurs, autant de points où saint Augustin a
1. Quapropter ita non possum dicere angelos malos magicis arlibus evocatos, créatures fuisse ranarum atque serpentium ; sicut non possum dicere homines malos creatores esse segetis, quam per eorum operam videro exorlam {De Trinitate, lib. III, c. xiii, n" 14 ; t. VIII, col. 877). — Même exemple du laboureur, c. ix, n» 16 in fine.
2. De Civitale Dei, lib. VI, Prolog. ; c. iv, n" 1 ; lib. VII, c. xxvii in fine; c. XXXIII, qui est important ; c. xxxiv et xxxv ; lib. IX, c. xix; lib. X, c. XVIII et XIX ;c. xxiv. Cf. Ep. Cil, n° 17-20.