‹ Saint AugustinChapitre 249 sur 292 · C. XVIII, n · texte numérisé non relu

C. XVIII, n

démons n'ont pas même le pouvoir de donner au corps d'un homme l'aspect du corps d'une bête. « Mais la puissance imaginative de Thomme, p hantas ticum hominis, cette puissance qui par l'exercice de la pensée ou par le songe prend mille et mille formes, et qui, sans être corporelle, revêt, avec une rapidité merveilleuse, des formes semblables à ce qui est corps, cette puissance peut, pendant l'assoupissement ou l'enchaînement des sens corporels de l'homme, être amenée, je ne sais en quelle manière inexprimable, à s'attribuer sous forme corporelle les sens de quelque autre animal ; or, cette puissance imaginative, phantasticum illudy apparaîtra aux autres hommes comme incorporée sous la forme d'un certain animal, et l'homme lui-même (dont la puissance imaginative est ainsi excitée) croira être cet animal; il le croira comme il le pourrait croire en songe; et il croira aussi porter des fardeaux. Mais ces fardeaux, s'ils sont de vrais corps, sont portés par les démons qui veulent tromper les hommes en leur faisant apercevoir à la fois des fardeaux véritables et des bêtes de somme feintes ^ » Saint Augustin explique par un exemple cet exposé général : un certain Prœstantius prend le breuvage magique ; il s'endort et il se voit transformé en bête de somme; il travaille alors, bien loin dans la Rhétie, à transporter l'approvisionnement des soldats. Puis il s'éveille et, comme à l'ordinaire, il se trouve dans son lit ; cependant on s'informe, et on constate qu'en effet , une bête de somme a fait précisément les transports

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