‹ Saint AugustinChapitre 252 sur 292 · Lib. X, c. XI · texte numérisé non relu

Lib. X, c. XI

En plus d'un endroit, il mentionne des cas de possession i. Il formule notamment, au traité De la Divination des démons, les réflexions très curieuses que voici : « Les démons persuadent les hommes en des manièi'es merveilleuses et invisibles ^ ; ils pénètrent, grâce à la subtilité de leurs corps, dans les corps des hommes qui ne sentent pas cette pénétration; ils suggèrent certaines visions imaginaires, et c'est ainsi qu'ils se mêlent aux pensées des hommes, soit pendant le sommeil, soit pendant la veille ^. »

Enfin, outre les prodiges dans lesquels saint Augustin voit une intervention des démons, il étudie toute une classe de faits extraordinaires : « Nous avons eu l'assurance, dit-il, qu'un homme soumis à l'esprit immonde disait à quel moment un prêtre, résidant à douze milles de là, se mettait en route pour le visiter; le malade indiquait en détail à quel point de la route se trouvait le prêtre, combien le prêtre approchait, à quel moment il mettait le pied sur l'enclos, puis dans la maison, puis dans la chambre, jusqu'à ce qu'enfin le prêtre fût en présence du malade. Il est clair que le malade ne voyait de ses propres yeux rien de cela; et pourtant, s'il n'avait vu en quelque manière, il n'aurait pas donné une description si vraie. Or, il avait la fièvre, et c'est pendant l'accès qu'il parlait ainsi. Et peut-être, en effet,

1. De Genesi ad Utteram, lib. XII, c. xvii, n° 34; — De Divinatione dxmonunijC. v; —De Civitate Dei, lib. XIX, c. iv, n° 2; lib. XXI, c. vi, n" 1.

2. « Miriset invisibilibus modis », c'est, une fois déplus, le miris modis, que saint Augustin affectionne.

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