‹ Saint AugustinChapitre 253 sur 292 · C. V, n° 9; t. VI, col · texte numérisé non relu

C. V, n° 9; t. VI, col

3i2 SAINT AUGUSTIN.

n'avait-il réellement que la fièvre, mais à. cause de ce qui arrivait, on s'imaginait qu'il était possédé. Jamais il n'acceptait des siens quelque nourriture, mais seulement de la main du prêtre. Il résistait violemment aux siens de toutes ses forces ; le prêtre seul, par sa présence, le calmait; c'est à lui seul que le malade obéissait et qu'il répondait avec soumission. Ce ne fut pourtant pas le prêtre qui mit fin à cette aliénation d'esprit ou à cette possession; la fièvre tomba, et la guérison se produisit comme on la voit se produire dans les cas de fièvre ardente; d'ailleurs, dans la suite le malade n'éprouva jamais rien de semblable ^. »

Au même endroit, saint Augustin raconte un cas de vision anticipée : c'est encore un malade qui, sous l'empire de la fièvre, parle d'une personne comme si déjà elle était morte ; et cette personne ne tarda pas, en effet , à mourir 2; ce sont ensuite les visions d'un autre malade ^. Or, tous ces phénomènes singuliers ont pour cause, tantôt une disposition des organes, tantôt une affection de l'esprit^. Ce n'est pas, d'ailleurs, que de lui-même, et séparé de l'âme, l'organisme puisse produire des représentations. Mais si l'état du cerveau ne permet pas à l'àme de se servir des sens corporels, il arrive que l'àme se crée à elle-même des perceptions sans objet^, ou des

1. De Genesi ad litteram, lib. XH, c. xvir, n" 35; t. III, col. i68; — voir la suite jusqu'à la fm du c. xxiv.

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