Ep. CLXVI, c. II, n° 4 ; col
comprendre à l'exercice de rintellection, mais être et vivre, elles le rapportent à elles-mêmes ^. Et pour personne il n'y a un doute sur ceci : comprendre exige que Ton vive ; vivre exige que l'on soit. D'où il suit que l'être du sujet qui comprend n'est pas comme l'être du cadavre qui ne vit pas, et que la vie du sujet qui comprend n'est pas comme la vie de l'âme qui ne comprend pas; mais son être et sa vie ont un caractère propre et plus relevé -. »
En faisant de l'âme un corps, c'est-à-dire un composé, on nie la réalité propre ou la substantialité propre de l'âme ; il y a encore une autre manière de la nier, qui est de considérer l'âme comme le résultat de l'organisme, et de prétendre, à l'exemple de Simmias dans le Phédon 3, que l'âme est l'harmonie du corps. Saint Augustin met ensemble « ceux qui imaginent que l'âme est un corps ou qu'elle est le bon arrangement du corps ^ ». Il oppose à tous ce fait fondamental : l'âme ne conçoit aucun corps en la manière intime dont elle se conçoit elle-même ; l'âme ne peut donc pas être ce qu'elle ne conçoit pas et ce dont elle n'a pas l'intuition de conscience ^; « l'âme conçoit qu'elle vit, qu'elle se
1. « Sed intelligere ad id quod intelligunt referunt. » Pour l'intelligence de ceUe phrase, voir le n° i5 (t. VJII, col. 981) où saint Auj^ustin avertit que les philosophes selon lesquels l'âme est un corps, considèrent ce corps comme la substance de l'âme, et assimilent l'intellection à une qualité ou à un accident de l'âme.
2. C. X, n° 13; t. VllI, col. 980; cf. Ep. CLXVI, c II, tout le n° 4 très fort.