De Doclrina christiana, lib. II, c. xix-xxxviii
« Aussi, je pense que pour les jeunes gens studieux, bien doués, craignant Dieu et aspirant à la vie heureuse, il a été fait un commandement bien utile : le commandement de ne s'appliquer à aucune des sciences dont le développement s'accomplit hors de FÉglise, mais de ne s'y appliquer comme si de telles sciences devaient les conduire en toute sécurité à la vie heureuse ; ils les jugeront avec modération et avec sérieux » , sobrie diligenterque^. Saint Augustin reprend ensuite la comparaison qui, au moins depuis Origène 2, était fort usitée : les juifs, par Tordre de Dieu, emportèrent les trésors des Égyptiens, on dépouillera de même les auteurs profanes ^. D'ailleurs, les plus illustres dans TÉglise, les Cyprien, les Lactance, les Hilaire et vingt autres parmi les Grecs, ont donné cet exemple *. Enfin « quelque chose que l'on puisse apprendre chez les auteurs profanes, si c'est doctrine dangereuse, elle est condamnée dans les Écritures, et si c'est doctrine vraie, elle se trouve dans les Écritures ^ ».
Le quatrième livre offre des réflexions de même sens ; il y faut remarquer le chapitre second, dont l'essentiel se résume dans cette phrase : « La faculté de bien parler est de soi chose indifférente : elle peut également servir à persuader le mal ou le bien ; pourquoi donc les gens de bien ne mettraient-ils pas tout leur zèle à l'ac-