‹ Saint AugustinChapitre 272 sur 292 · Enchiridion, c. ix, n° 3; t. IV, col · texte numérisé non relu

Enchiridion, c. ix, n° 3; t. IV, col

de Dieu^ Il y a pour chacune d'elles un certain droit de vivre ; c'est pour cela que le citoyen doit aimer la société dont il fait partie : « on a grandement admiré (les citoyens et les peuples) qui préférèrent la mort à la servitude 2 » . Mais la vie sociale ne peut pas se séparer de la justice : « Écartez en effet la justice, que sont les grands empires, sinon de grands brigandages 3? » H est enfin de l'intérêt de tous que le pouvoir soit exercé par des hommes soucieux de la justice ; un bon prince règne moins pour lui-même que pour le bien public, et un mauvais prince fait d'abord du mal à lui-même, et ensuite à tout le monde, car il fournit à tous l'exemple et l'occasion de s'adonner au désordre '^. Les réflexions de cette sorte abondent dans la Cité de Dieu.

On trouve au vingt-deuxième livre Contre Fauste ^ le précepte d'obéir au Prince et la raison pour laquelle les martyrs ne résistèrent pas. Le soldat, en temps de guerre, n'a pas à se demander s'il combat pour une cause juste, il n'a qu'à obéir; l'obéissance le justifie'». Les martyrs, eux aussi, évitèrent de se révolter; et il y avait de cela une profonde raison : Dieu voulait montrer qu'au-dessus des grandeurs humaines, et au-dessus de la force humaine , il existe le pur amour de la vérité; « la parfaite victoire, c'est d'être tué pour la véritable foi"^ ».

1. De Civitate Del, lib. V. Cf. lib. IV, c. xvi et wii; lib. XVIII, c. ii.

Page 1