‹ Saint AugustinChapitre 287 sur 292 · Tractatus Theologico-Politicus in fine · texte numérisé non relu

Tractatus Theologico-Politicus in fine

3. « Philosophandi libertatem habebis amplissimam, qua le ad publiée stabililam religionem coniuibandam non abusurum crédit. » {Ep. XLVIl, p. 181. Spinozx Opéra, t. II, éd. de La Haye, 1882; Lettre de Fabricius à Spinoza.)

afin qu'elle n'ait pas Fair de vouloir troubler la religion publiquement établie ^ » .

Ainsi les théories de liberté se détruisent ; les purs spéculatifs reconnaîtront et exprimeront toujours la nécessité de se conformer à la loi. Mais la loi intéressera toujours la vie morale. Il n'y a pas d'état social possible dans lequel la loi se restreindrait aux questions d'impôt, de commerce, de transactions, enfin aux questions purement matérielles et extérieures. Si d'ailleurs cet impossible se réalisait, la loi n'exprimerait pas ce que la société aurait de plus vivant et de plus fort. Un novateur, un Socrate, ou un saint Paul, ou un Luther, pourrait bien alors proclamer qu'il respecte toute la législation; il n'en soulèverait pas moins une émotion violente; car, par sa propagande, il atteindrait le plus intime de la vie sociale.

La lutte éclaterait, elle pourrait fort bien égaler les guerres religieuses du seizième siècle, ou les persécutions exercées de Néron à Dioclétien. Toute la différence consisterait en ce que personne n'invoquerait un texte de loi, ni peut-être les droits de la vérité. Mais, plus la propagande nouvelle, supérieure ou non à l'ancien ordre des choses, différerait des idées reçues, plus aussi la lutte serait vive.

Saint Augustin ne paraît pas avoir reconnu nettement cette exigence de l'institution sociale : (( Je m'étonne, dit-il, que l'on ait mis en accusation Anaxagore, pour avoir dit que le soleil est une pierre ardente, et

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