Ep. CV, n" lOirt fine
censure de Sorbonne va aussitôt anéantir Y Emile et arrêter la propagande toute vivante et tout efficace des philosophes.
Il est alors préférable d'organiser la liberté. Et ce n'est pas, d'ailleurs, Tabsolue liberté, mais la liberté pour des hommes qui, malgré leurs divergences doctrinales, sont habitués à se supporter ou à s'ignorer, et qui conviennent sur des principes essentiels. La liberté, alors comme toujours, est le contentement procuré aux hommes d'une époque et d'un pays par la réalisation de l'ordre auquel, actuellement, ils aspirent.
Quel que soit enfin l'ordre social, et pourvu que la législation n'y soit pas expressément combinée contre le catholicisme, on peut s'en accommoder, y vivre en catholique et assurer à la vérité catholique l'influence sociale qu'elle doit exercer. L'Église, comme l'observe saint Augustin, a eu d'abord contre elle les lois de la société où elle commençait d'être ; elle a subi la persécution; mais lorsque les lois ne la traitent pas en ennemie, l'Église « n'a aucun souci des diversités qui se rencontrent dans les mœurs, dans les lois, dans les institutions...; elle n'y retranche et elle n'y détruit rien; elle conserve plutôt (l'institution sociale) et elle s'y conforme^ ».