PREFACE. IX
livre du Maître , qui, malgré quelques subtilités, contiennent des observations très intéressantes, dont la profondeur ne sera dépassée que dans le traité De la Trinité, Les deux livres Des mœurs de PÉglise, malgré la place que les Rétractations leur donnent ^ , ne rappellent plus la manière du professeur d'éloquence; l'Écriture sainte a déjà modifié Timagination de l'auteur. D'ailleurs, saint Augustin n'a pas laissé, plus tard encore, de se complaire dans le genre subtil et savant auquel ses premières études l'avaient habitué ; on peut comparer les Épîti^es à Paulin écrites vers 396", et VÉpître si vivante, si sincère et si simple où, vers la même date, il raconte à Alype, évêque de Tagaste % comment il a réussi à toucher les fidèles d'Hippone, et à leur faire abolir les festins par lesquels ils prétendaient célébrer des anniversaires sacrés.
La période qui va de 388 à 395 produit le traité de la Vraie Religion [390], exposé doctrinal d'une perfection achevée, les Quatre-vingt-trois questions et le traité du Libre Arbitre, l'un et l'autre beaucoup plus riches de doctrine, enfin le traité de V Utilité de croire [391] dont les réflexions sur la force probante des miracles et sur l'impossibilité pour un philosophe, de voir actuel-