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LA CERTITUDE

L'intellection, précisément comme telle, est toujours une perception du vrai : « Ou bien celui-là ne comprend pas, qui se méprend sur la réalité; ou bien, s'il comprend, il atteint donc le vrai^. » — « Les choses connues (intellectuellement) sont vraies, sans quoi elles ne seraient pas connues. Personne en effet ne connaît l'erreur, sinon lorsqu'il connaît qu'il y a erreur^. »

Les premiers ouvrages de saint Augustin proposent ce même enseignement : « Pour nous , comme pour les anciens et pour les Académiciens eux-mêmes , personne ne peut savoir l'erreur ^. » Personne ne veut se tromper ; on ne se trompe que malgré soi *. « Il ne me parait pas convenable d'appeler intellection l'acte par

1. « Autsiintelligit, continuo verumest» {De Genesiadlitteram, lib. XII, c.xiv, n"29;l. III, col. 465).

2. De Trinitate, lib. XV, c. x, n" 17 ; t. VIII, col. 1070. — Cf. Quaest. XXXII; t. VI, col. 22.

3. « Scire falsaneminem posse » [Conlr. Acad., lib. III, c. iir, n" 5 ; 1. 1, col. 930).

'k. « Quasi nemoerrel invitus, aut quisquam crret, nisi invitus » [Ibid.,

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lequel on comprend l'erreur, stultitia, car l'erreur est précisément ou le seul, ou le principal obstacle à l'intellection... On a raison de dire de Terreur qu'elle est inintelligible ^. » Enfin, vers 390, saint Augustin s'arrête à la question suivante : l'intellection d'une même réalité comporte-t-elle desdegrés différents? Il juge qu'elle n'en comporte pas : « Quiconque, dit-il, comprend une chose autrement qu'elle n'est, se trompe; et quiconque se trompe, ne comprend pas cela même où il se trompe ~. Donc, quiconque comprend une chose autrement qu'elle n'est, ne la comprend pas; donc, rien ne peut être compris, sinon selon sa propre nature... Il ne faut donc pas douter que (de soi) rintellection est parfaite, et que nulle intellection ne peut en dépasser une autre ; or, de cela il suit que comprendre quelc[ue chose ne comporte pas une progression à l'infini, et que l'un ne comprend pas mieux que l'autre ^. » Ici, le sens est bien clair : une intellection, comme telle, atteint la réalité; donc, en soi, elle est parfaite; donc, à la rigueur, et à propos d'un même intelligible donné, il n'y a pas de degré entre les intellections.

L'intellection vaut par elle-même; elle n'a besoin d'aucun appui ou d'aucun garant extérieur : « On ne se

lib. I, c. IV, no 10; t. I, col. 911). Le mot, prononcé peut-être sous cette forme par Trygétius, est formellement approuvé par saint Augustin.

1. De Ordine, lib. II, c. m, n° 10; t. I, col. 999. — Cf. De Quantitate animœ, c. xv, n° 25 ; 1. 1, col. 1049 sq.

2. « Tout ce qu'on entend est vrai : quand on se trompe, c'est qu'on n'entend pas; et le faux qui n'est rien de soi n'est ni entendu, ni intelligible » (Bossuet, Connaissance de Dieu et de soi-même, c. i, n" 16).

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