‹ Saint AugustinChapitre 32 sur 292 · De diversis Quxst. LXXXriI, Quœst. XXXII; t. VI, col · texte numérisé non relu

De diversis Quxst. LXXXriI, Quœst. XXXII; t. VI, col

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préoccupera pas de ceci : comment, si Terreur^ n'est pas comprise, pourra-t-on l'éviter? Car enfin, pour que nos yeux nous fassent éviter les ténèbres, il suffit que nous ne refusions pas de voir; de même, quiconque veut éviter l'erreur, n'a pas à se préoccuper de la comprendre ; et pour lui la présence de l'erreur se fera reconnaître, non pas à une plus grande facilité de la comprendre, mais à Timpuissance de comprendre tout le reste 2. » C'est, dans les œuvres de saint Augustin, la première expression du fait fondamental; on rencontrera, quinze ans plus tard, une expression plus frappante : « Par la connaissance de la vérité, toute erreur actuellement mise au jour, aurait-elle été jusqu'alors insoupçonnée, est aussitôt jugée et abattue'^. » La formule se condensera encore, et, vers 416, elle sera réduite à ces quelques mots : « Pour se faire connaître, la lumière (de la vérité) est à elle-même son propre témoin*. » C'est d'un tour presque aussi heureux que chez Spinoza : « La vérité témoigne sur elle-même et sur r erreur^. » Mais la pensée de Spinoza reste bien inférieure à celle de saint Augustin; car Spinoza ignore l'importance de la disposition intérieure, et il croit que

1. Dans tout ce passage saint Augustin emploie le mot suUilia ; c'èidM en quelque sorte le terme consacré. Voir De Utilitate credendi, notamment c. xiii traduit ci-dessus (c. ii).

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