Lib. II, c. VII, n
muniter, parleur âme et par leur raison individuelle * ? » Evodius répond que cela existe, et il cite en exemple les théories mathématiques. Augustin prend la parole ; son discours longuement développé aboutit à cette conclusion : (( L'essence et la vérité des nombres subsiste immuable et complète; elle se laisse voir indistinctement, communiter, à tous ceux qui raisonnent » 2. « Pourtant, reprend-il, je vous en prie, que faut-il, selon vous, penser de la sagesse en elle-même? Croyez-vous qu'il y ait pour chaque homme une sagesse particulière? Ou bien, n'est-ce pas qu'une sagesse unique se tient, sans distinction, à la disposition de tous, et que, dans la mesure où chacun y participe, il est d'autant plus sage^? » Or, la sagesse, ainsi qu'Augustin l'explique à Evodius, « est la vérité dans laquelle on aperçoit et on saisit le souverain bien ^ » .
L'entretien sur la multiplicité des sagesses ou des absolus se prolonge; Augustin fait répéter à Evodius qu'il y a pour tous une seule sagesse ^. Notre énergie individuelle conçoit cette sagesse unique; mais, enfermés ainsi en nous-mêmes, nous avons conscience que, devant la même vérité, tous les hommes ont « une vision semblable ». La vérité absolue que chacun de nous voit dans sa raison individuelle, est commune à tous ^.