N° 27; col
6. (A) Quod ergo unum verum vidcmus amho singulis mentihus^ nonne ulrique noslrum commune est? (E) Manifestissime (c. x, n° 28; 1. 1, col. 125C). Le passage est à lire.
Une raison humaine vaut par sa connaissance de l'absolu ^ Le vrai, d'ailleurs, n'est la propriété particulière de personne ; il est, à notre égard, l'absolu perçu individuellement 2. Augustin donne enfin ce résumé : « Je ne chercherai rien de plus ; il suffit que ces règles et que ces exemples de vertus soient vraies, immuables, et que chacune d'elles, ou toutes ensemble soient indistinctement proposées à la contemplation de tous ceux qui par leur raison propre, et par leur âme propre, peuvent les percevoir. Et voilà ce qu'avec moi vous voyez, et vous reconnaissez pour très certain ^. »
Dès qu'il se met à écrire, saint Augustin enseigne la doctrine de Tinnéité; et il s'y est toujours tenu. On la trouve pour la première fois dans les Soliloques ^, puis au troisième livre Contre les Académiciens : « Si vous
1. Vnam {sapientiam) prœsto esse communiter omnibus, cujus quanto magis qui&que fit particeps, tanto est sapicntior (c. ix, n'' 25; col. 1254).
2. (A) Hoc ergo verum potest quisque suiim proprium dicere, cum incommutabiliter contemplandum adsit omnibus qui hoc contemplari valent? (E) Nullus hoc vere dixerit suum esse proprium... (c. x, n°28; col. 1256).
3. C. x,no 28,29; col. 1256. Cf.no 29 i«/i>ie. —Cf. Tract. XXXV, in /o., n« 4; t. III, col. 1659 : a Sapientia Dei, Verbum Dei, Dominus Jésus Christus, ubique prœsens est; quia ubique est veritas, ubiquc est sapientia. Intelligitquis in oriente juslitiam; intelligit alius in occidente justitiam : Numquid alla est justitia quam ille intelligit, alia quam isle? »
4. Lib. II, c. XX, n" 35 ; t.I, col. 902. — Le passage est cité dans le paragraphe III sur la réminiscence.
me demandez où l'àme trouve la sagesse, je vous répondrai : en elle-même ^ » Il en donne une exposition développée au sixième livre de la Musique et au livre Du Maître; il écrit le traité De laQuantité de Vâme, spécialement pour montrer que Tâme ne s'accroît pas et que toute connaissance spéculative, censée acquise récemment, est la vision moins obscure ou plus claire de la connaissance innée.
Ainsi, toute intellection comme telle, a Dieu pour objet; mais l'âme humaine ne s'en doute pas, ou si elle s'en doute, et même si elle le sait, elle n'a pas pourtant la conscience nette de percevoir Dieu : « L'âme humaine (et c'est là une chose qu'elle ne peut sentir avant d'être très pure et très heureuse) n'est jointe qu'à la vérité substantielle, image et similitude du Père, laquelle aussi se nomme sagesse 2. »
Le sixième hvre de la Musique contient un mot que saint Augustin a plusieurs fois repris : « Dieu , sans interposition d'aucune réalité, préside aux âmes humaines 2. » Le même mot reparaît, d'abord, au livre Du Maître'^, puis en celui des Quatre-vingt-trois Questions'-", enfin dans les Confessions : « Partout, ô Vérité, vous présidez à tous ceux qui vous consultent, et vous répondez simultanément, même à ceux qui vous adressent