Qusest. LXXVIII ; t. VI, col
qu'ils produisent des œuvres belles et harmonieuses^. » L'erreur dans la recherche du vrai et dans l'amour du beau, ne peut pas faire que l'on perde le sentiment de Dieu : « 0 Dieu que toute créature capable d'aimer, aime en le sachant ou sans le savoir 2. » On ignore Dieu, ou on veut l'ignorer, et c'est à lui pourtant, que, parmi les amours coupables, on ne cesse pas d'aspirer : u L'âme a dans ses vices eux-mêmes, une occasion pour se ressouvenir de Dieu; et c'est au point, que, si quelqu'un s'écarte de la vérité absolue, il est accueilli par quelque fantôme de vérité ^. Cherchez ce qui fait la force de la volupté corporelle ; vous trouverez que c'est uniquement une certaine convenance... Reconnaissez donc la nature de la suprême convenance. N'allez pas (pour cela) au dehors ; retournez en vous-même ; c'est dans l'homme intérieur que la vérité habite^. » Le sixième livre de la Mîisique^ et la Question 78*^ ont quelque chose de semblable; enfin les Confessions offrent cette sentence : <( Ceux qui aiment les beautés extérieures, tiennent de Dieu leur aptitude à les bien juger, mais non leur aptitude à s'en servir (mal) ". » Elles vont plus loin : « Us
1. Ipsa operatur etiam per artifices, ut pulchra atque congruentia faciant (Qusest. LXXVIII ; t. VI, col. 90).