T. VI, col
7. Inde trahunt approbandi modum, non autem inde trahunt ulcndi modum {Confess., lib. X, c. xxx|y, n^bS; t. I, col. 801).
VOUS imitent mal, 6 Dieu, tous ceux qui s'éloignent de vous et qui s'élèvent contre vous. Or, même en vous imitant mal, ils indiquent que vous êtes le créateur de toute la nature, et qu'il n'y a donc pas moyen de s'éloigner absolument de vous ^. »
Saint Augustin a écrit aussi un mot pour défendre rinnéité contre des attaques dont il déplorait sans doute l'inintelligence : « Qu'on se moque de mes paroles, parce qu'on ne voit pas (les nombres intelligibles), et je déplorerai une pareille dérision 2. »
La théorie de la réminiscence a souvent occupé saint Augustin 3; or, pour lui, réminiscence signifie toujours innéité. Cependant l'influence du platonisme lui inspirait dans les Soliloques un langage tel que celui-ci : « Lorsqu'on apprend, on découvre en soi-même, et, pour ainsi dire, l'on ramène au jour les doctrines ense-
1. « Non esse quo a te omni modo recedatur » (lib. II, c. vi, n» 14 ; t. I, col. 681); cf. lib. IV, c. xii, n" 18; col. 701 : k Qiigerite quod quœritis, sed ibi non est ubi quœritis ». Un mot important, [412] Ep. CXL, c. m, n° G; col. 540 : « {Deus) non absens etiam mentibus impiorum, quamvis eum non videant r>, et un autre, [417] Ep. CLXXXVIIf, c. 6, n° 18; col. 839.
2. Ego doleam ridentem me {Confess., lib. X, c. xii, n» 19; t. I, col. 787).
3. Outre les références, voir surtout : !<> [400-416] Trinité (lib. XII, c. XV; lib. XIV, c. xv); — 2"' [427] Rétractations (1° sur Soliloques : lib, I, c. IV, n° 4; 2° sur Quantité de l'âme : lib. I, c. viii, n° 2); — 3° [411 ou 412) Ep. CXXX, à Proba, depuis c. ix, n° 18.
56 SALYT AUGUSTIN.
velies dans l'oubli i. » Un an plus tard, le traité De la Quantité de rame reproduit la même affirmation : « L'acte qui s'appelle apprendre, consiste uniquement à se ressouvenir et à faire revivre -. » C'était donc, par deux fois, exprimer en termes exagérés une constatation très juste. Les Rétractations signalent l'excès et donnent l'expression exacte. Voici le passage sur les Soliloques : « J'ai dit, quelque part, qiien apprenant on retrouve en soi-même les doctrines ensevelies dans l'oubli. Je désapprouve cela : car, si les ignorants eux-mêmes, à la condition d'être bien interrogés, répondent juste sur certaines sciences, on trouve pour ce fait l'explication suivante qui est plus naturelle : les ignorants ont présente, en tant qu'ils peuvent s'en apercevoir, la lumière de la raison éternelle, et dans cette lumière, ils voient toutes ces vérités immuables. Il n'y a donc pas lieu d'imaginer qu'ils les avaient primitivement connues et puis oubliées : ce qui fut le préjugé de Platon et d'autres philosophes 3. »
Plus de douze ans auparavant, dans le traité de la Trinité, il avait discuté à fond la théorie platonicienne de la réminiscence : les ignorants, si on les interroge bien, montrent une science spontanée, que, jusqu'alors, ils avaient possédée en eux-mêmes, et qu'ils n'y avaient nullement aperçue. Est-ce à dire que cette science, ils l'avaient acquise pendant une vie antérieure? Nulle-
1. Lib. II, c. XX, n" 35; t. I, col. 902 ; lire n° 34 et comparer E/). VU, à Nébrédius.