‹ Saint AugustinChapitre 50 sur 292 · De Trinitale, lib. XIV, c. xv, n» 21 ; col · texte numérisé non relu

De Trinitale, lib. XIV, c. xv, n» 21 ; col

2. In sapientes animas qvasi transcribitur (c. viii, n» 55; t. l, col. 1006).

3. Cur de solis rébus intclligibilUms idfieri potest, ut bene interrogatus quisque respondeat quod ad quamque pertinet disciplinam, etiamsi ejus ignarus sit? {De Trinitale, lib. XII, c. xv, n° 24; t. VIII, col. 1011).

sait pas^ » Puisqu'on savait avant d'apprendre, et puisque la première perception d'une doctrine spéculative nous procure l'impression d'un souvenir, il suit que notre science primitive, très confuse, peut fort bien s'appeler mémoire. Et c'est par ce nom , en efïet, que saint Augustin la désigne 2.

Les Confessions contiennent plusieurs passages très significatifs. « D'où, et par quelle voie (les notions purement intellectuelles) ont-elles pénétré dans ma mémoire? Je ne sais. Car, lorsque je les ai apprises, je ne me suis pas fié à la conscience d'autrui ; c'est en moi que j'ai reconnu et que j'ai proclamé leur vérité. C'est donc là qu'elles étaient, même avant que je les eusse apprises; mais (objectera-t-on), elles n'étaient pas dans ma mémoire. Où donc étaient-elles, et pourquoi, lorsqn'on les a formulées, les ai-je reconnues et ai-je dit : il est ainsi, cela est vrai? Pourquoi, sinon parce qu'elles étaient déjà dans ma mémoire, mais si éloignées, si

1. « Alibi non inveniet quant pênes seipsum. Inveniet autem, non quod nesciebat sed unde non cogitabaty> {De Trinitate, lib. XIV, c. v, n" 8; t. VIII, col. 1041). — Cf. De Immortalitate animœ, c. iv, n" 6; t. I, col. 1024 : « cum vel nos ipsi nobiscum ratiocinantes, vel ab alio bene interrogati de quibusdam liberalibus artibus ea qux inveninius, non alibi quant in animo nostro inveninius : neque id est invenire quod facere aut gignere; alioquin seterna gigneret animus inventione tempo rali..... manifestum etiam est, immortalem esse animum humanum, et omnes veras rationes in secretis ejus esse, quamvis eas sive ignoratione, sive oblivione, autnonhabere, aut amisisse videatur ». Cela était écrit en 387.

2. Sur cette sorte de mémoire, voir surtout : 1° [400] Confessions (lib. X, c. x-xiii, c. xvii-xxi, c. xxiv-xxvi); — 2» [400-416] Trinité (lib. VIII, c. VI, et c. vu, n" 11 ; lib. X, c. i-iv, c. xi, n» 18; lib. XII, c. xiv- XV ; lib. XIV, c. vi-vii, qui est un passage très important; lib. XV, c. xxi, très important lui aussi).

ensevelies comme clans un abîme , que , si un avertissement extérieur ne les en avait fait sortir, je n'aurais peut-être jamais pu les avoir présentes à ma pensée ^. » Et pour donner plus de force à son affirmation, saint Augustin dit encore : « Voici ce que nous constatons : le fait d'apprendre (les doctrines intellectuelles) consiste à ramasser, en quelque sorte, par l'effort de la pensée, toutes ces choses que la mémoire contenait en un état de dispersion et de confusion 2. » Les mathématiques figurent parmi les notions ainsi découvertes 3. C'est, d'ailleurs, en considérant l'étendue illimitée de notre connaissance primitive très confuse , que saint Augustin s'écrie : « Grande est la force de la mémoire; elle est effrayante, ô mon Dieu! elle est une profonde et infinie multiplicité : et cela même , c'est l'âme; cela même, c'est ce que je suis^. » Si, parla nécessité de notre nature, nous avons et la connaissance et le sentiment du bonheur, cela aussi est en nous la mémoire essentielle^. Et si nous arrivons à connaître Dieu, nous avons aussitôt le sentiment d'interrompre un oubli : « 0 Dieu, depuis que je vous ai appris, tout ce que j'ai trouvé de vous, a été en moi un ressouvenir <>. »

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