C. XX, n° 29; c. XXIII, n
6. C. XXIV, n° 35; t. I, col. 79i. — Remarquer au c. xxvi. et au c. xxvii, mémoire au sens ordinaire, et mémoire au sens de connaissance innée : 1° le sens ordinaire: « neque enimjam eras in memoria mea priusquam te discerem » (c. xxvi); — 2° le sens d'innéité : « Et ecce intus eras et ego forix, et ibi te quxrebam... Meclm eras^ et tecum noneram » (c. xxvii).
LA COXXAISSAXCE. 61
Au livre VIII de la Trinité, saint Augustin rappelle, comme dans les Confessions, notre connaissance et notre sentiment du bonheur^. Il insiste, au livre X, sur l'impossibilité d'aspirer à Finconnu : nous désirons le bonheur : donc, nous en avons déjà la connaissance confuse ; nous désirons la science : donc, avant de l'acquérir, nous la possédons déjà; « si nous n'avions pas dans notre âme une impression abrégée de toute doctrine , nous n'aurions jamais le goût d'apprendre-. Ce qui nous attire, ce n'est pas l'inconnu, mais bien le connu auquel nous savons qu'il est joint ^ ».
Or, l'âme se connaît toujours comme pensant l'absolu, mais elle n'a pas toujours conscience de se connaître; car, pour l'âme, « autre chose est ne pas se connaître, autre chose ne pas se penser* ». Saint Augustin ajoute : « L'âme humaine, par la nécessité de sa nature, n'est jamais sans se souvenir d'elle-même, jamais sans se comprendre, jamais sans avoir de l'amour pour ellemême ^. » Sans doute, l'âme humaine peut exister et ne posséder ou n'exercer aucune science : « Être ne s'identifie pas pour nous avec savoir ou avec percevoir, scire vel sapere; en effet, nous pouvons être, même si nous
1. C. m, n° 4; t. VIII, col. 949; c. vi, n» 9; col. 954; passage important.
2. Nisi breviter impresaam cujusque doctrinœ haberemus in animo notionem (lib. X, c. i, n° 1 ; t. VIII, col. 971).
3. C. IV, n° 4; col. 975. — Cf. c. i, n° 1, col. 972 : « Quodquisque prorsus ignorât, amare nullo modo potest » ; n" 2, col. 973; enfin, n° 3, col. 974 : « non est amor ejus rei quam nescit, sed ejus quam scit ».
4. Aliud. non se nosse, aliud non se cogitarc [De Trinitate, lib. X, c. v, n» 7; t. VIII, col. 977. — Cf. c. viii, n° 11).
5. Lib. XIV, c. XIV, n° 18 ; t. VIII, col. 1049. — Cf. lib. XV, c. m, n» 5 ; col. 1060.
G2 SAIXT AUGUSTIN.
ne savons pas, et si, actuellement, nous ne percevons pas certaines choses que nous avons apprises ^ » Mais peu après cette remarque, saint Augustin en exprime une autre : « Pour l'âme, dit-il, il est perpétuel de vivre, et perpétuel de savoir qu'elle vit; il n'est pas perpétuel, pour elle, de penser sa vie, ni même de penser la connaissance de sa vie, car, passant à une idée nouvelle, l'âme abandonne rancienne, et cependant elle ne cesse pas de la savoir ^. » Les deux remarques ne se contredisent pas; il faut seulement observer qu'en fait, l'existence de notre âme ne comporte pas nécessairement un état de connaissance claire ; or, c'est de la connaissance claire qu'il est question dans la première remarque.
Le livre XIV contient ce mot singulièrement expressif : « L'âme se connaît comme si, pour elle-même, elle était la mémoire d'elle-même ^. » Par où il faut entendre qu'en arrivant à nous connaître, nous sortons de la distraction et non de l'ignorance. On lit, d'ailleurs, quelques lignes plus bas : « L'âme, en se percevant par la pensée, se comprend et se reconnaît. Mais lorsqu'elle se perçoit ainsi comme comprise d'elle-même, et qu'elle produit donc en soi la connaissance d'elle-même , elle ne le fait pas comme si, auparavant, elle avait été inconnue d'elle-même ; au contraire, elle se connaissait en la manière où sont connues les choses contenues