‹ Saint AugustinChapitre 57 sur 292 · Lib. X, c. xii, n" 19; (. 1, col · texte numérisé non relu

Lib. X, c. xii, n" 19; (. 1, col

LA CONNAISSANCK. 67

ne se produirait pas^. » De même, le sentiment intérieur de la vérité subsiste indépendant de toute langue : « Si Moïse me disait en hébreu : (Dieu a fait le ciel et la terre) , il frapperait inutilement mon oreille ; s'il me le disait en latin, je comprendrais ce qu'il aurait dit. iMais d'où saurais-je s'il dit vrai?... Ah! certes, c'est intérieurement et dans le domicile de la pensée, que la vérité, ni hébraïque, ni grecque, ni latine, ni barbare, sans le secours d'une bouche ou d'une langue, et sans retentissement de syllables, me dirait : il a dit vrai 2. »

Ici encore, c'est dans le traité de la rnmVe que setrouve la discussion la plus philosophique et la plus approfondie. Saint Augustin, étudiant notre intelligence pour y trouver des vestiges de la Trinité, donne à ce qui est notre penséefondamentalele nom de verbe : « Le verbe, dit-il, ne peut pas être dans l'intelligence sans pensée réfléchie ; car nous pensons tout ce que nous disons, même ce que nous disons par ce verbe intérieur qui n'appartient à la langue d'aucun peuple 2. » Ferôe signifie donc notre pensée déjà perceptible, mais antérieure et supérieure à la détermination par le langage.

Cette signification va être éclaircie et précisée : « La pensée, déterminée par notre science primitive réelle , tel est le verbe que nous prononçons en notre intérieur; et c€ verbe n'est ni grec, ni latin, ni d'aucune autre langue. Mais lorsque nous sommes obligés

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