‹ Saint AugustinChapitre 6 sur 292 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

lions porte que la connaissance de notre ame nous donnera quelque soupçon bien vague et bien obscur de ce que doit être la Trinité. Saint Augustin, à cause de cela, étudie rame humaine et principalement la faculté de connaître. On ne peut pas, avant de s'être assimilé les huit derniers livres de la Trinité, deviner jusqu'oii saint Augustin a poussé l'étude de l'intelligence humaine, et combien il a pénétré les secrets de notre activité intellectuelle. Enfin, les Confessions, V Interprétation littérale de la Genèse et la Trinité, si on les compare aux ouvrages précédents, sont une plus haute manifestation de génie et un plus parfait exemple de cette sagesse qui, partout, reconnaît simplement le mystère et ne s'arrête jamais à des solutions illusoires. Ce sont aussi trois ouvrages élaborés avec beaucoup de patience et beaucoup de soin. Les trente-trois livres Contre Fauste le Manichéen [400] sont, au contraire, un ouvrage improvisé : chaque livre débute par un passage de Fauste, sous la rubrique, Faustus diœit, après quoi, une rubrique semblable, AuGusTiNUS respondit, annonce la réponse. 11 y a, dans cet ouvrage, bien des détails qui, aujourd'hui, paraîtraient inutiles ; il faut pourtant le lire. On y trouvera au livre XVI, et mieux au livre XIII, une bien importante étude, qui a pour objet la preuve du christianisme ; nulle autre part, cette question et la question du panthéisme n'ont été plus complètement élucidées.

PREFACE. XUl

Le traité contre rÉpître de Parméiiien [400] et le traité contre la lettre de Pétilien [402] épuisent la question de la tolérance. Il y a un intérêt particulier à lire le second ; car chaque chapitre y débute par un fragment de la lettre de Pétilien; or, Pétilien, évêque donatiste exposé à la répression, y parle de la tolérance, comme avait fait Tertullien, et comme l'on fait aujourd'hui. 11 reste encore à citer le traité sur T^r^ de catéchizer les ignorants [400], opuscule très remarquable , à cause des réflexions morales qu'on y rencontre, et aussi parce qu'il propose le plan très net et bien développé de la Cité de Dieu.

L'ouvrage lui-même de la Cité de Dieu occupe saint Augustin pendant près de quinze ans [413-427]. 11 dépasse infiniment la pensée dont il semblait devoir donner la justification : Rome est prise par les barbares ; on accuse les chrétiens ; on assure que les dieux, pour se venger du christianisme, ont laissé succomber la ville ; et, d'un autre côté, parmi les chrétiens, on se demande comment la Pj'ovidence a pu permettre que les barbares aient tourmenté tant de victimes innocentes. Les premiers livres répondent aux accusations des païens et aux anxiétés des chrétiens; puis la question s'étend : les doctrines de l'antiquité grecque et romaine, le néoplatonisme de Plotin, de Porphyre, d'Apulée, sont examinés et sont jugés. Ce premier travail comprend dix livres. L'œuvre propre à laquelle convient totalement

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